Bali a déclaré 66 760 morsures d'animaux susceptibles de transmettre la rage en 2025 et 16 décès humains, contre 55 767 morsures et 7 décès en 2024 (Dinas Kesehatan Bali, le service provincial de santé, dit Dinkes). Sur janvier-mai 2026, le compteur provincial affiche 29 317 morsures et 4 décès, soit environ 194 morsures déclarées par jour.
Si vous êtes mordu, griffé ou léché sur une plaie ouverte, la conduite tient en trois gestes. Lavez à l'eau courante et au savon pendant au moins 15 minutes : l'OMS, le ministère indonésien de la Santé et la province de Bali écrivent exactement la même durée. Désinfectez à la povidone iodée ou à l'alcool à 70 %. Puis présentez-vous le jour même dans un rabies center public — l'île en compte plus de 120 — ou dans une clinique privée ouverte 24 h/24. N'attendez surtout pas de voir si l'animal meurt : le Dinkes Bali attribue les 7 décès de 2024 à un retard de prise en charge, ces patients arrivant à l'hôpital en moyenne trois mois après la morsure. Une fois les symptômes déclarés, la rage est mortelle dans 100 % des cas ; administrée à temps, la prophylaxie post-exposition permet d'éviter ces décès (OMS).
Combien de morsures, combien de morts ? La série complète
Les chiffres balinais sortent au fil de l'eau, publiés par le Dinkes et repris par la presse locale. Ils comptent les GHPR (gigitan hewan penular rabies), c'est-à-dire les morsures infligées par un animal susceptible de transmettre la rage — pas les cas de rage confirmés.
| Période | Morsures déclarées | Décès humains | Source |
|---|---|---|---|
| 2024 (année complète) | 55 767 | 7 | ANTARA Bali, 07/01/2025 |
| 1er janv. → 20 juil. 2025 | 34 845 | 12 | BPBD Bali, 23/07/2025 |
| 1er janv. → 26 sept. 2025 | 49 094 | 12 | The Bali Times / detik, oct. 2025 |
| 2025 (année complète) | 66 760 | 16 | Dewata News, 10/01/2026 |
| 1er janv. → mai 2026 | 29 317 | 4 | IDN Times / Dinkes Bali, 07/06/2026 |
| janv. → début juil. 2026 | « près de 30 000 » | 5 | SCMP, 05/07/2026 |
Quatre sources indépendantes convergent sur le même ordre de grandeur : 175 à 183 morsures déclarées par jour en 2025. Le rapport brut pour janvier-mai 2026 (29 317 morsures sur 151 jours) donne environ 194 par jour ; c'est notre calcul, pas une donnée officielle.
Deux précautions s'imposent avec les chiffres de décès. Pour 2025, le compteur reste bloqué à 12 morts du 20 juillet au 26 septembre avant d'atteindre 16 sur l'année : associez toujours un chiffre de décès à sa date d'arrêt. Pour 2026, le Dinkes Bali recense 4 décès sur janvier-mai (un à Buleleng, un à Jembrana, un à Gianyar, un à Karangasem), quand le South China Morning Post en comptait 5 au 5 juillet 2026. Aucune source ne réconcilie les deux, et aucun bilan provincial semestriel n'a été publié pour 2026.
Côté vaccination post-morsure, le Dinkes Bali a administré 47 887 doses de VAR (vaccin antirabique) en 2025, puis 21 807 sur janvier-mai 2026 — environ 74 % des personnes mordues recensées sur la période. Autrement dit, près d'un mordu sur quatre n'apparaît pas dans les statistiques de vaccination. Le stock provincial annoncé pour 2026 est de 88 599 flacons.
Pour situer Bali à l'échelle du pays : la circulaire du ministère de la Santé n° HK.02.02/C/508/2025 du 19 mars 2025 recense 185 359 morsures et 122 décès pour toute l'Indonésie en 2024, et classe 26 des 38 provinces en zone endémique. La même année, les 55 767 morsures balinaises pèsent 30 % du total national — pour une seule province sur 38.
Où le risque est-il le plus concentré ?
Mauvaise nouvelle pour la communauté expatriée : le kabupaten (l'échelon administratif comparable à un département) le plus touché est aussi celui où vivent la plupart des étrangers.
| Kabupaten / Kota | Morsures, janv. → 26 sept. 2025 |
|---|---|
| Badung (Canggu, Seminyak, Kuta, Jimbaran, Nusa Dua) | 8 664 |
| Denpasar | 6 949 |
| Gianyar (Ubud) | 6 054 |
| Tabanan | 5 921 |
| Karangasem | 5 709 |
| Buleleng | 5 307 |
| Jembrana | 4 550 |
| Klungkung | 3 218 |
| Bangli | 2 722 |
Le relevé du 13 octobre 2025 confirme la hiérarchie (Badung 9 495, Denpasar 7 488) : Badung arrive en tête à chaque publication. Si vous habitez l'un des micro-quartiers de Canggu, vous vivez dans le kabupaten le plus exposé de l'île en volume.
Les autorités déclarent par ailleurs des « zones rouges » (zona merah). La définition officielle, rappelée en juillet 2025 : une zone où le virus circule activement et où des interventions urgentes s'imposent — un seul cas confirmé dans un village suffit à la déclencher. Kuta Selatan (South Kuta) a été citée explicitement ; une liste plus large relevée en octobre 2025 y ajoute Nusa Dua, Tanjung Benoa, Jimbaran et Canggu.
Méfiez-vous en revanche des versions marketing de cette notion. Une page de clinique privée datée du 27 novembre 2025 redéfinit la « zone rouge » comme un secteur à forte densité d'animaux errants ou de cas récemment signalés, sans citer une seule source officielle ni un seul chiffre. Ce n'est pas le critère provincial.
Deux relevés locaux de 2026 donnent la température :
- Gianyar : 4 545 morsures de janvier à juin 2026, soit 756 par mois en moyenne, contre 8 413 sur toute l'année 2025 (~701/mois) et 7 654 en 2024 (~638/mois) — une hausse continue sur trois ans. Le kabupaten a budgété 600 millions d'IDR pour le vaccin et 166 735 225 IDR pour le sérum antirabique en 2026.
- Bangli : sur 129 échantillons prélevés sur des chiens mordeurs entre janvier et juillet 2026, 28 se sont révélés positifs à la rage, soit environ 22 %. Le 13 juillet 2026, un chien de village a mordu une habitante du quartier de Sedit (Kelurahan Bebalang), puis deux autres personnes — dont une touriste chinoise — après avoir fui vers Kelurahan Kawan ; le laboratoire l'a confirmé positif.

Chien, chat ou singe : quel animal doit vous inquiéter ?
Le ministère indonésien de la Santé (Kemenkes) définit les HPR (hewan penular rabies, animaux transmetteurs de la rage) comme les chiens, les chats et les singes. Sur l'ensemble de l'Indonésie, les chiens représentent 98 % des cas ; chats et singes se partagent les 2 % restants. À l'échelle mondiale, l'OMS attribue 99 % des cas humains aux morsures et griffures de chien.
Ces pourcentages ont produit un réflexe dangereux : « ce n'est qu'un chat ». Le décès documenté de mai 2026 le contredit frontalement. Une femme de 38 ans, mordue par un chat errant alors qu'elle étendait son linge à Jembrana, dans l'ouest de l'île, est morte quelques semaines plus tard. Un chat ou un singe reste un HPR officiel : la conduite à tenir est la même que pour un chien.
Le cas des singes mérite de la précision, parce que beaucoup d'articles en font n'importe quoi. En avril 2025, le chef du centre de santé animale du kabupaten de Gianyar a adressé un avertissement aux visiteurs des sanctuaires : ne pas toucher ni tenir les macaques, et consulter immédiatement en cas de morsure. Dans le même temps, aucun cas de rage n'a été confirmé chez les macaques de la Monkey Forest d'Ubud depuis son ouverture en 1960 : les singes morts sont analysés par le centre vétérinaire régional et les résultats sont, selon le parc, toujours négatifs. Traduction pratique : aucune infection n'est documentée à ce jour dans ce parc, mais une morsure de singe déclenche quand même le protocole complet — et, comme vous le verrez plus bas, la facture de soins la plus médiatisée de l'île concerne précisément une morsure de macaque.
Les 15 premières minutes : le seul geste qui fait consensus
Trois autorités écrivent exactement la même chose, ce qui est assez rare pour être signalé. L'OMS recommande « un lavage abondant de la plaie à l'eau et au savon pendant au moins 15 minutes » immédiatement après l'exposition. Le Kemenkes parle de savon ou de détergent sous eau courante pendant 15 minutes, suivi d'un antiseptique. Le portail officiel de la province de Bali reprend la même durée. Le Dinkes Bali, lui, précise l'antiseptique : povidone iodée ou alcool à 70 %.
Quinze minutes, c'est long. Prenez une montre. C'est la première étape du protocole OMS, et la seule que vous pouvez appliquer seul, sans avis médical.
Ensuite, la conduite dépend de la catégorie d'exposition définie par l'OMS :
| Catégorie OMS | Ce que ça recouvre | Conduite recommandée |
|---|---|---|
| I | Toucher ou nourrir un animal, léchage sur peau intacte | Lavage de la peau exposée, pas de prophylaxie |
| II | Peau nue mordillée, griffures ou éraflures mineures sans saignement | Lavage de la plaie et vaccination immédiate |
| III | Morsures ou griffures transdermiques, contamination d'une muqueuse | Lavage, vaccination immédiate et immunoglobulines antirabiques |
Une morsure transdermique au visage, au cou ou aux mains est classée catégorie III et traitée comme à haut risque : le trajet jusqu'au système nerveux central y est le plus court. C'est le médecin qui classe, pas vous — mais connaître la grille vous permet de comprendre pourquoi on vous propose ou non le sérum.
Signalez aussi l'animal aux autorités locales (banjar, service vétérinaire du kabupaten) : c'est ce signalement qui déclenche le prélèvement et, le cas échéant, la déclaration de zone rouge.

Où se faire soigner : réseau public ou clinique privée ?
Bali dispose d'un réseau public dédié. L'OMS Indonésie recensait 103 rabies centers en 2023 ; un annuaire nominatif publié en septembre 2025, adresses et téléphones à l'appui, en annonce 121 : Buleleng 23, Badung 14, Gianyar 14, Karangasem 14, Tabanan 12, Denpasar 12, Bangli 12, Jembrana 11, Klungkung 10. Le détail publié totalise en réalité 122, un écart d'une unité que la source n'explique pas. Ce sont des puskesmas (centres de santé communaux) et des hôpitaux publics (RSUD). La liste complète avec les téléphones mérite une capture d'écran sur votre téléphone : en pleine nuit, quand vous cherchez le puskesmas ouvert le plus proche, ce n'est pas le moment de découvrir que vous n'avez plus de réseau.
Côté privé, quatre acteurs documentent publiquement une prise en charge antirabique :
| Structure | Implantations | Disponibilité et délais |
|---|---|---|
| Hydro Medical | 7 points : Subak Sari, Batu Bolong, Berawa et Bumbak (Canggu), Batu Belig, Seminyak, Lippo Mall Kuta | 24 h/24, 7 j/7, standard téléphonique |
| Unicare Clinic | Ubud, Kuta (Central Parkir), Nusa Dua, Uluwatu | 24 h/24 annoncé sur les 4 sites |
| Trishnanda Care Centre | Intervention mobile | 60 min environ vers Seminyak, Canggu et Kuta ; 90 à 120 min vers Ubud et Uluwatu |
| Bali International Hospital | Sanur | Urgences rage 24 h/24, WhatsApp +62 812 1166 1127, urgence 150 919 |
Le point critique n'est pas le vaccin, disponible un peu partout, mais l'immunoglobuline antirabique (RIG / SAR), indispensable en catégorie III. Un retour d'expérience détaillé publié en septembre 2025 décrit une disponibilité médiocre du HyperRAB en Indonésie : le patient a fini par envisager un aller-retour Bali-Surabaya, environ 1,3 million d'IDR de vols, pour en trouver un flacon. Plusieurs cliniques annoncent en 2026 un stock permanent — affirmation commerciale, invérifiable par un tiers. La règle pratique tient en une ligne : téléphonez avant de vous déplacer et demandez explicitement si le sérum est en stock ce jour-là.
Combien ça coûte réellement ?
Premier constat : l'opacité tarifaire est la norme dans le privé à Bali. Plusieurs cliniques publient des pages intitulées « coût complet du vaccin antirabique » qui ne contiennent aucun montant et renvoient vers WhatsApp. Les seuls chiffres exploitables relevés :
| Poste | Montant relevé | Source et date |
|---|---|---|
| Vaccin, une dose (clinique mobile) | 935 000 IDR | Trishnanda Care Centre, 17/05/2025 |
| Forfait 4 doses, frais infirmiers inclus | 2 900 000 IDR | Trishnanda Care Centre, 17/05/2025 |
| Flacon de Verorab | ~750 000 IDR | Retour d'expérience patient, 22/09/2025 |
| Flacon de HyperRAB (immunoglobuline) en clinique, injection comprise | 6 300 000 IDR | Retour d'expérience patient, 22/09/2025 |
| Flacon d'immunoglobuline via circuit public (1 ml) | 1 650 000 à 1 960 000 IDR | Source gouvernementale citée par le même patient |
| Flacon de HRIG facturé à une patiente de 12 ans | ~3 200 000 IDR × 4 flacons | detik, 23/09/2025 |
Notez l'incohérence du forfait Trishnanda : 935 000 × 4 = 3 740 000 IDR, alors que le total annoncé est de 2 900 000 IDR. Prenez-le pour ce qu'il est, un forfait commercial, pas un barème.
Le cas qui a fait le tour de l'Indonésie donne l'échelle du pire scénario. En septembre 2025, une touriste australienne de 12 ans est mordue au cou à la Monkey Forest d'Ubud : plaie classée catégorie III. La famille annonce une facture de 69 286 452 IDR ; la clinique conteste et affirme que la patiente a payé 48 686 452 IDR. Personne n'a arbitré entre les deux versions. Le détail communiqué par la clinique : l'immunoglobuline humaine à environ 3,2 millions d'IDR le flacon, quatre flacons nécessaires vu le poids de l'enfant, plus les frais de procédure et les consommables. Retenez le principe : la dose de sérum se calcule au poids corporel. La facture d'un adulte de 80 kg n'a donc rien à voir avec celle d'un enfant.
Et dans le public ? Le vaccin fourni par l'État est acheté sur les budgets de la province et des kabupaten — Gianyar y consacre 600 millions d'IDR en 2026 — et il est couramment présenté comme distribué gratuitement en puskesmas et RSUD. Aucune page officielle indonésienne que nous avons pu ouvrir ne l'écrit noir sur blanc, et aucune ne précise l'éligibilité des étrangers. Ne partez donc pas du principe que ce sera gratuit pour vous. Allez au rabies center sans attendre ; et si vous vous rabattez sur une clinique privée, demandez le devis avant l'injection.
Reste l'assurance. Deux cliniques privées affirment qu'un contrat d'assurance voyage « complet » prend généralement en charge la totalité du traitement, immunoglobuline comprise (Hydro Medical, 4 décembre 2025 ; Unicare, mise à jour du 21 juillet 2026). C'est plausible, mais ce sont des arguments commerciaux, pas une garantie contractuelle. Vérifiez votre contrat maintenant, pas aux urgences : c'est typiquement la ligne à cocher dans la checklist d'installation à Bali.
Deux calendriers vaccinaux coexistent à Bali : ne les mélangez pas
C'est l'information de sécurité la plus mal connue du sujet. Selon que vous entrez dans le système public indonésien ou dans une clinique privée internationale, on ne vous donnera pas le même calendrier. Le schéma public — deux doses à J0, une dans chaque bras, puis une dose à J7 et une à J21 — est celui que publie le service de santé du kabupaten de Buleleng, qui relaie le ministère de la Santé.
| Ce qui change | Réseau public indonésien | Cliniques privées internationales de Bali |
|---|---|---|
| Schéma | J0 : 2 doses — J7 : 1 dose — J21 : 1 dose | J0 — J3 — J7 — J14 (parfois + J28) |
| Voie / dose | 0,5 ml en intramusculaire, deltoïde (cuisse antérolatérale chez le nourrisson) | Intramusculaire, deltoïde |
| Si vous êtes déjà vacciné | À faire évaluer sur place | 2 doses de rappel, J0 et J3 |
| Sérum (RIG/SAR) | Le jour de l'exposition, infiltré autour de la plaie | Dès que possible, au plus tard 7 jours après la 1re dose |
Les deux schémas sont des protocoles reconnus. Le problème naît quand on démarre au puskesmas et qu'on poursuit en clinique privée, ou l'inverse : les rendez-vous ne tombent pas aux mêmes jours, et aucune source consultée ne documente la transition d'un calendrier à l'autre.
En pratique : choisissez une filière et restez-y. Conservez votre carnet, vos ordonnances et le nom commercial du produit injecté — à Bali, le vaccin le plus cité est le VERORAB et l'immunoglobuline le HYPERRAB à 300 UI/ml. Et si vous devez changer de structure, présentez ces documents et faites valider le calendrier par le médecin qui reprend le dossier.
Pourquoi meurt-on encore de la rage à Bali ?
Pas par manque de vaccin. En janvier 2025, le chef du Dinkes Bali a mis les 7 morts de 2024 sur le compte du retard de prise en charge : ces patients se présentaient à l'hôpital en moyenne trois mois après la morsure, alors que la province stockait 80 000 flacons de vaccin. Le goulot d'étranglement était ailleurs — 600 flacons de sérum, pas un de plus.
Ce retard n'a rien d'irrationnel : la biologie du virus est perverse. L'incubation dure typiquement 2 à 3 mois, avec des extrêmes d'une semaine à un an selon l'OMS ; le Dinkes Bali retient 2 à 8 semaines le plus souvent, avec des extrêmes allant de 10 jours à 2 ans. Pendant tout ce temps, il ne se passe rien. La plaie cicatrise, l'incident s'oublie. Puis apparaissent fièvre, nausées, mal de gorge, céphalées violentes, agitation, hydrophobie (peur de l'eau) et photophobie (peur de la lumière). À ce stade, la maladie est mortelle dans 100 % des cas : il n'existe pas de traitement efficace. L'OMS estime à 59 000 le nombre de morts annuels dans le monde, dont 40 % d'enfants de moins de 15 ans.
D'où la seule règle qui compte : le délai n'est pas votre allié, et un animal qui « avait l'air normal » ne prouve rien. La France recommande d'ailleurs de consulter immédiatement un médecin même si votre vaccination est à jour (fiche mise à jour le 22 juillet 2026).
Le fond du problème : la vaccination des chiens
La rage humaine à Bali est un symptôme ; la maladie, elle, est canine. L'histoire commence en 2008 avec la première mort humaine documentée sur l'île ; mi-2010, le virus avait gagné tout le territoire. La FAO rappelle que l'abattage massif de chiens n'a pas contrôlé l'épidémie et a même favorisé sa propagation, tandis que les campagnes de vaccination de masse ont fait chuter les cas humains à une fraction de leur pic dès 2013. La stratégie retenue depuis, dite Integrated Bite Case Management, repose sur une réponse coordonnée entre services vétérinaires et santé humaine. C'est l'approche One Health, alignée sur l'objectif international « Zero by 30 » : plus aucun décès humain dû à la rage transmise par le chien d'ici 2030.
Reste un paradoxe que les données officielles ne résolvent pas. Le portail officiel de la province rappelle le seuil de référence : 70 % de couverture vaccinale canine pour couper la transmission. Or Bali annonce 85,35 % en 2025 — 482 868 animaux vaccinés sur une population estimée à 565 737 — après 79,43 % en 2024, avec Karangasem à 96,25 % et Jembrana à 64,92 %. Le seuil est donc dépassé sur le papier, et pourtant les morsures et les décès augmentent.
Personne n'a tranché publiquement. Trois hypothèses circulent, jamais réunies dans une même analyse : une population canine réelle supérieure aux estimations ; un mode de détention typiquement balinais, le chien qui a un propriétaire mais qu'on laisse divaguer (berpemilik tapi diliarkan) ; et une meilleure déclaration des morsures, la sensibilisation ayant poussé davantage de victimes à consulter. Les autorités de Gianyar avancent explicitement cette dernière pour expliquer une partie de la hausse. En clair, une part de l'augmentation pourrait être statistique et non épidémiologique — aucune source ne permet d'en mesurer le poids.

Adopter un animal à Bali : les vérifications qui ne sont pas négociables
Beaucoup d'expatriés adoptent un chien ou un chat sur place, souvent via une annonce ou un refuge. Trois réflexes découlent directement de ce qui précède :
- Exigez le carnet de vaccination antirabique et la date du dernier rappel avant de récupérer l'animal, quelle que soit sa provenance. C'est la première ligne à vérifier dans une annonce de la catégorie Animaux, sur Lokalfinds comme ailleurs.
- La vaccination des HPR est gratuite pendant les campagnes provinciales de masse organisées par le Dinas Pertanian de Bali. Si l'animal n'est pas à jour, la mise à niveau peut donc ne rien coûter — seulement un peu d'organisation.
- Un chien qui divague n'est pas forcément un chien sans propriétaire. C'est le cœur du problème balinais, et c'est aussi ce qui rend utile le signalement d'un animal mordeur : il déclenche le prélèvement et la vaccination du foyer concerné.
Pour un animal blessé, malade ou agressif dans la rue, l'ONG BAWA (Bali Animal Welfare Association), basée à Lodtunduh (Ubud), opère une ligne d'urgence 24 h/24 et une ambulance animale. Elle revendique plus de 22 000 interventions d'urgence et 9 000 animaux vaccinés contre la rage par an, et figure parmi les partenaires des campagnes de vaccination de masse du service provincial de l'agriculture. Les coordonnées à jour sont sur sa page contact. Si vous préparez au contraire l'arrivée de votre animal depuis l'étranger, le parcours sanitaire complet est détaillé dans notre guide pour amener son chien ou son chat à Bali.
Avant de partir : vaccination préventive et numéros à enregistrer
France Diplomatie précise que la vaccination préventive contre la rage peut être indiquée selon le type de séjour, en particulier chez les jeunes enfants dès qu'ils marchent — les moins de 15 ans représentent 40 % des décès mondiaux selon l'OMS. Les cliniques de Bali n'appliquent d'ailleurs pas toutes le même schéma pré-exposition : 2 doses, J0 et J7, chez Hydro Medical et Trishnanda ; 3 doses, J0, J7 puis J21 ou J28, chez Unicare. Ce schéma préventif ne dispense jamais de consulter après une morsure : il allège le protocole, qui se réduit alors généralement à deux rappels (J0 et J3), sans immunoglobuline.
Trois numéros à enregistrer avant d'en avoir besoin : l'agence consulaire de France à Denpasar, +62 811 39601401 ; la police à Bali, 911 ; et celui du rabies center public le plus proche de chez vous. Ajoutez le standard de la clinique privée de votre quartier si vous en avez une à proximité. Pour le reste de l'installation, tout est dans notre guide de la vie à Bali en 2026.
Questions fréquentes
Que faire immédiatement après une morsure de chien à Bali ?
Lavez la plaie à l'eau courante et au savon pendant au moins 15 minutes, montre en main : c'est le geste recommandé à l'identique par l'OMS, le ministère indonésien de la Santé et la province de Bali. Désinfectez ensuite à la povidone iodée ou à l'alcool à 70 %, puis présentez-vous le jour même dans un rabies center public ou une clinique privée. Signalez enfin l'animal aux autorités locales.
Combien coûte le vaccin antirabique à Bali ?
Dans le privé, les rares tarifs publiés en 2025-2026 tournent autour de 935 000 IDR la dose, avec un forfait annoncé à 2 900 000 IDR pour quatre doses. L'immunoglobuline change l'échelle : de 1 650 000 à 1 960 000 IDR le flacon via le circuit public, jusqu'à 6 300 000 IDR en clinique. La plupart des cliniques ne publient aucune grille et renvoient vers WhatsApp : demandez un devis écrit avant l'injection.
Le vaccin est-il gratuit dans les hôpitaux publics de Bali ?
Le vaccin est acheté sur budget public — Gianyar y consacre 600 millions d'IDR en 2026 — et il est couramment présenté comme distribué gratuitement en puskesmas et RSUD. Aucune page officielle indonésienne que nous avons pu ouvrir ne l'écrit explicitement, et aucune ne précise l'éligibilité des étrangers. Rendez-vous au rabies center sans attendre, mais ne partez pas du principe que ce sera gratuit pour vous.
Combien de temps ai-je pour me faire vacciner après une morsure ?
Le jour même. Aucune source officielle ne fixe de délai de sécurité, et l'incubation peut être aussi courte qu'une semaine selon l'OMS. Le Dinas Kesehatan Bali attribue les décès de 2024 à des retards de prise en charge : ces patients se présentaient en moyenne trois mois après la morsure. Si le sérum est indiqué, il doit être administré au plus tard sept jours après la première dose de vaccin. Ne surveillez pas l'animal en attendant.
Une griffure de chat ou une morsure de singe justifie-t-elle le protocole ?
Oui. Le ministère indonésien de la Santé classe les chiens, les chats et les singes comme animaux transmetteurs de la rage. Le décès documenté de mai 2026 à Bali fait suite à une morsure de chat errant. Aucun cas de rage n'a été confirmé chez les macaques de la Monkey Forest d'Ubud depuis 1960, mais une morsure de singe impose quand même une consultation immédiate.
Combien de morsures et de décès sont recensés à Bali en 2026 ?
Les autorités sanitaires balinaises ont recensé 29 317 morsures d'animaux transmetteurs de la rage et 4 décès sur janvier-mai 2026, contre 66 760 morsures et 16 décès sur l'année 2025 complète. Le South China Morning Post comptait 5 décès au 5 juillet 2026. Aucun bilan provincial semestriel 2026 n'a été publié à ce jour : datez toujours le chiffre que vous citez.
Faut-il se faire vacciner contre la rage avant de partir à Bali ?
France Diplomatie indique que la vaccination préventive peut être indiquée selon le type de séjour, en particulier chez les jeunes enfants dès qu'ils marchent. Les cliniques balinaises appliquent selon les cas un schéma pré-exposition en deux doses (J0 et J7) ou en trois doses (J0, J7, puis J21 ou J28). Ce schéma ne dispense pas de consulter après une exposition : il allège le protocole, généralement réduit à deux rappels sans immunoglobuline. Décision à prendre avec un médecin.
Sources
- (officiel) OMS, fiche d'information Rage, 5 juin 2024 : lavage ≥ 15 minutes, catégories d'exposition I/II/III, incubation, létalité 100 %, 59 000 décès annuels, 40 % d'enfants de moins de 15 ans.
- (officiel) Kemenkes, Mengenal Penyakit Rabies, 2 juin 2023 : définition des HPR (chiens, chats, singes), 98 % de chiens, symptômes, lavage 15 minutes.
- (officiel) Kemenkes, circulaire HK.02.02/C/508/2025, 19 mars 2025 : 185 359 morsures et 122 décès en Indonésie en 2024, 26 provinces endémiques.
- (officiel) Dinas Kesehatan de Buleleng (Bali), 18 mars 2019, d'après le ministère de la Santé : schéma public J0 (2 doses, un bras chacune), J7 et J21 (1 dose), SAR infiltré autour de la plaie à J0, lavage 15 minutes.
- (officiel) Dinas Kesehatan de Sulawesi du Nord, fiche rabies : dose de VAR à 0,5 ml, intramusculaire en deltoïde (cuisse antérolatérale chez le nourrisson), même calendrier J0 ×2 / J7 / J21.
- (officiel) Love Bali, portail officiel de la province, 15 octobre 2025 : protocole, seuil de 70 % de couverture canine.
- (officiel) Dinas Kesehatan Bali, Waspada Rabies, 23 août 2023 : antiseptique après lavage, critères VAR/SAR.
- (officiel) BPBD Bali, bilan au 20 juillet 2025 : 34 845 morsures, 23 705 VAR, 12 décès, 183 cas/jour.
- (officiel) OMS Indonésie, 16 juillet 2023 : rabies centers, objectif Zero by 30.
- (officiel) FAO, One Health Bali : historique 2008-2013, échec de l'abattage, Integrated Bite Case Management.
- (officiel) Dinas Pertanian Bali : campagne de vaccination de masse des HPR « sans aucun frais », lancée le 6 mai 2025 à Nusa Dua, avec BAWA parmi les partenaires.
- (officiel) France Diplomatie, conseils santé Indonésie et contacts utiles, mise à jour 22 juillet 2026 : vaccination préventive, agence consulaire de Denpasar, police 911.
- (presse) ANTARA Bali, 7 janvier 2025 : bilan 2024 (55 767 morsures, 7 décès), arrivée à l'hôpital « en moyenne trois mois » après la morsure, 80 000 flacons de VAR et 600 de SAR en stock, I Nyoman Gede Anom (Dinkes Bali).
- (presse) Dewata News, 10 janvier 2026 : bilan 2025 (66 760 morsures, 16 décès, 47 887 doses VAR, 88 599 flacons pour 2026).
- (presse) IDN Times, 7 juin 2026 : 29 317 morsures, 21 807 VAR et 4 décès sur janvier-mai 2026.
- (presse) SCMP, 5 juillet 2026 : près de 30 000 morsures et ~21 000 vaccinés sur janvier-mai 2026, 5 décès, cas fatal de mai 2026 causé par un chat errant à Jembrana.
- (presse) The Bali Times, 3 octobre 2025 : 49 094 cas au 26 septembre 2025 et répartition par kabupaten.
- (presse) BaleBengong, 26 octobre 2025 : relevé du 13 octobre 2025 (Badung 9 495, Denpasar 7 488), 175-180 morsures/jour, objectif 70-80 % non atteint, chiens « berpemilik tapi diliarkan ».
- (presse) Bali Post, 5 février 2026 : couverture canine 85,35 % en 2025 (482 868 / 565 737), 79,43 % en 2024.
- (presse) Kilas Bali, 21 juillet 2026 : Gianyar, 4 545 cas de janvier à juin 2026, budgets VAR et SAR.
- (presse) Bali Post, 15 juillet 2026 : Bangli, 28 chiens positifs sur 129 échantillons entre janvier et juillet 2026 ; chien positif ayant mordu trois personnes le 13 juillet à Bebalang puis Kawan (I Wayan Sarma, Dinas PKP Bangli).
- (presse) SCMP, 22 juillet 2025 : définition officielle des zones rouges, South Kuta.
- (presse) Garda Animalia, 7 octobre 2025 : zones rouges nommées (Kuta Selatan, Nusa Dua, Tanjung Benoa, Jimbaran, Canggu).
- (presse) The Bali Sun, 29 avril 2025 : avertissement du Dr Nyoman Arya Dharma (santé animale de Gianyar), aucun cas de rage chez les macaques de la Monkey Forest depuis 1960, singes morts analysés systématiquement.
- (presse) detik Travel, 23 septembre 2025 : facture de 48 686 452 IDR (version clinique) contre 69 286 452 IDR (version famille), HRIG ~3,2 M IDR le flacon.
- (presse) IDN Times, 27 septembre 2025 : annuaire des 121 rabies centers de Bali avec adresses et téléphones.
- (communauté) Matthew Brealey, 22 septembre 2025 : retour d'expérience, prix du Verorab et du HyperRAB, tension d'approvisionnement.
- (communauté) BAWA, Bali Animal Welfare Association : ligne d'urgence 24/7 et ambulance animale, base à Lodtunduh (Ubud) ; chiffres revendiqués sur le site de l'ONG (22 000+ interventions d'urgence et 9 000+ animaux vaccinés par an).
- (commercial) Saline Bali, 6 février 2026 : schéma J0/J3/J7/J14, VERORAB, HYPERRAB 300 UI/ml, délai du sérum.
- (commercial) Unicare Clinic, mise à jour 21 juillet 2026 : dose de RIG au poids, infiltration, délai de 7 jours, assurance voyage.
- (commercial) Hydro Medical : implantations 24/7, protocole post-exposition (J0/J3/J7/J14) et pré-exposition (J0/J7), aucun tarif publié.
- (commercial) Hydro Medical, « Rabies treatment cost & insurance », 4 décembre 2025 : affirme que la plupart des assurances voyage complètes couvrent la totalité du traitement, vaccin et HRIG compris — page sans aucun montant.
- (commercial) Hydro Medical, « Bali rabies red zones », 27 novembre 2025 : exemple de redéfinition marketing de la « zone rouge » (densité d'animaux errants), sans source officielle ni chiffre — à ne pas confondre avec le critère provincial.
- (commercial) Trishnanda Care Centre, 17 mai 2025 : 935 000 IDR la dose, forfait 2 900 000 IDR, délais d'intervention.
- (commercial) Bali International Hospital, 17 septembre 2025 : prise en charge d'urgence 24/7 (nettoyage, vaccin, sérum si nécessaire), contacts ; établissement situé à Sanur.



