En 2025, la Bali Villa Rental and Management Association (BVRMA) a recensé 101 victimes d'arnaque à la location de villa à Bali, et aucune n'a récupéré son argent (Kompas Denpasar, 18 décembre 2025). Les sommes exposées se comptent en dizaines à centaines de millions de roupies par réservation (« puluhan hingga ratusan juta rupiah », Bali Post du 14 janvier 2026). Le mode opératoire ne varie pas : photos volées à de vrais gestionnaires, faux comptes sociaux, tarif anormalement bas, virement exigé avant toute visite, disparition ensuite.
Trois vérifications gratuites existent avant de payer : le code de vérification BVRMA (en ligne depuis le 17 décembre 2025, 62 sociétés membres listées pour 2026), le portail cekrekening.id du ministère Komdigi pour consulter l'historique des signalements visant un compte bancaire, et l'application Sentuh Tanahku de l'agence cadastrale ATR/BPN pour vérifier l'existence d'un certificat foncier. Si l'argent est déjà parti, le signalement passe par lapor.go.id (vérification annoncée sous 3 jours, réponse sous 5). Depuis le 2 janvier 2026, l'escroquerie relève de l'article 492 du nouveau code pénal (UU n° 1/2023) et non plus de l'article 378 : 4 ans de prison au maximum, ou une amende en alternative. L'assurance voyage, elle, ne rembourse pas un virement envoyé à un escroc.
Que sait-on vraiment de l'ampleur du phénomène ?
Commençons par ce qui manque, et qui explique la qualité très inégale des articles sur le sujet : il n'existe aucune statistique publique du gouvernement indonésien ni de la police de Bali sur les arnaques à la location. Le seul décompte sourçable vient d'une association professionnelle privée, la BVRMA, présidée par I Kadek Adnyana ; il a été relayé par la presse indonésienne en décembre 2025 et janvier 2026.
| Donnée | Valeur | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Victimes recensées par la BVRMA | 101 | année 2025 complète | Kompas Denpasar, 18/12/2025 |
| Victimes ayant récupéré leur argent | 0 | 2025 | Kompas Denpasar, 18/12/2025 |
| Pertes totales déclarées | « ratusan juta rupiah » (des centaines de millions IDR) | 2025 | Kompas Denpasar, 18/12/2025 |
| Valeur en jeu pour une réservation | dizaines à centaines de millions IDR (« puluhan hingga ratusan juta rupiah ») | janvier 2026 | Bali Post, 14/01/2026 |
| Cas similaires survenus | « lebih dari 100 kali » (plus de 100 fois) | janvier 2026 | Bali Post, 14/01/2026 |
Ce tableau appelle deux mises au point.
Les deux montants ne collent pas ensemble. À 10 millions IDR par dossier — le plancher de la fourchette —, 101 victimes représentent déjà plus d'un milliard de roupies, pas « des centaines de millions ». L'incohérence est même interne au Bali Post, qui affirme dans un seul et même article que la valeur d'une réservation atteint des dizaines à des centaines de millions et que les pertes des voyageurs se chiffrent en centaines de millions. Soit ces formulations désignent une perte moyenne par victime, soit le total réel se compte en milliards. Rien dans les sources publiques ne permet de trancher : on cite ces deux ordres de grandeur séparément, jamais additionnés.
Autre nuance, celle-là systématiquement perdue dans les reprises anglophones : le Bali Post parle de la valeur d'une réservation (« nilai satu kali pemesanan villa »), c'est-à-dire de la somme exposée quand on réserve une villa, et non d'un montant volé par victime. C'est ce que vous risquez de virer, pas ce qu'un escroc encaisse en moyenne.
Les chiffres en dollars qui circulent sont à jeter. Les fourchettes « 500 à 5 000 USD » ou « 3 000 à 15 000 USD de dépôt » vues sur plusieurs blogs anglophones ne sont attribuées à aucune source, pas plus que les « +30 % de fraudes depuis 2021 » ou les « 180 plaintes en 2024 ». Un site qui publie des chiffres voisins les qualifie lui-même d'« estimates rather than independently verified data » — des estimations, pas des données vérifiées de façon indépendante. Méfiez-vous aussi des versions anglophones qui compressent les 101 victimes de l'année 2025 entière en « 101 victimes sur les premiers mois de 2025 » : c'est faux, et ça gonfle artificiellement un problème déjà réel.
Comment fonctionne l'arnaque, étape par étape
Le constat dressé par la BVRMA entre décembre 2025 et janvier 2026 décrit une chaîne remarquablement répétitive.
1. Vol des photos. Les images proviennent de vraies villas, souvent gérées par des membres de l'association. Citation d'I Kadek Adnyana relayée par Dewata News le 19 décembre 2025 : « Several members have had their villa photos stolen. After payment is made, the scammers can no longer be contacted. »
2. Fabrication d'une vitrine. Faux site, faux compte Instagram ou faux numéro WhatsApp imitant un gestionnaire officiel, avec des compteurs d'abonnés gonflés artificiellement.
3. Rotation des identités. Les mêmes escrocs changent de nom après chaque victime. Deux enseignes relevées nommément par la BVRMA : « Bali Villa Rental » et « Beautiful Bali Villa ».
4. L'appât par le prix. Un tarif nettement sous le marché du quartier. Ce point ne figure pas dans les déclarations de la BVRMA que nous avons pu lire ; il revient en revanche dans toutes les typologies des guides locaux cités plus bas, et c'est le signal le plus facile à contrôler soi-même.
5. Le virement avant la visite. Paiement demandé en amont, virement direct, souvent sur un compte personnel plutôt qu'une société.
6. La disparition. Numéro injoignable, compte supprimé, argent parti.
S'y ajoute une saisonnalité constatée par l'association : la vague documentée correspond aux fêtes de fin d'année indonésiennes (Nataru 2025/2026). Adnyana, cité par Sightseeing Bali le 14 janvier 2026 : « Kami melihat tren penipuan villa semakin meningkat, terutama menjelang high season » — la tendance monte à l'approche de la haute saison. Si vous cherchez un logement pour décembre-janvier ou juillet-août, vous cherchez au pire moment.

Quels sont les signaux d'alerte concrets ?
La typologie ci-dessous recoupe plusieurs guides locaux, et il faut savoir qui les écrit : Villa Inspection (1er janvier 2025) est une société d'inspection de villas, Bali Trusted (24 janvier 2026) une plateforme locative — deux acteurs commerciaux, pas des autorités publiques. Leur description du terrain est utile et concordante ; si aucun chiffre ne l'accompagne, c'est parce qu'aucune des deux n'en publie de vérifiable.
| Signal repéré | Ce qu'il cache le plus souvent | Le réflexe |
|---|---|---|
| Prix très inférieur au marché du quartier | Villa fantôme, photos volées | Comparer aux fourchettes réelles du quartier avant de répondre |
| Paiement exigé avant toute visite | Encaissement puis disparition | Aucun virement sans visite ou appel vidéo en direct |
| Passage immédiat en WhatsApp privé | Une négociation hors de toute trace écrite | Garder l'échange écrit sur le canal d'origine |
| Compte bénéficiaire au nom d'un particulier | Bailleur non habilité, sous-locataire, faux agent | Exiger la concordance nom du contrat / nom du compte |
| Pression à l'urgence : « un autre client la prend » | Le blocage de toute vérification | Répondre qu'on paiera après vérification, et observer la réaction |
| Aucun contrat écrit, tout par messagerie | Zéro recours en cas de litige | Contrat écrit obligatoire, bilingue de préférence |
| Refus d'un appel vidéo dans la villa | Un bien inexistant ou déjà occupé | Exiger une visite filmée en direct, pas une vidéo pré-enregistrée |
| Promesses verbales (piscine, wifi, travaux) | Un bien inférieur substitué à l'arrivée (bait-and-switch) | Tout ce qui est promis passe dans le contrat |
| Compteurs non relevés à l'entrée | Facture d'électricité ou d'eau gonflée | Photographier les compteurs le jour de la remise des clés |
| Aucun état des lieux | Retenue abusive sur la caution | Photos et vidéos datées avant emménagement |
Restent deux schémas plus difficiles à repérer en amont : la double location (le même bien loué à plusieurs personnes sur la même période) et le bailleur non habilité — un parent, un sous-locataire ou un « agent » sans mandat qui encaisse pour un bien qu'il ne peut pas vous louer. Une précision, enfin, pour éviter une confusion fréquente : tout ce qui touche à l'achat immobilier (faux certificats fonciers, double vente, structures nominee, projets sur plan sans permis) relève d'un autre sujet, avec d'autres parades. Ici, il n'est question que de location.
Le code de vérification BVRMA : l'outil le plus concret depuis décembre 2025
C'est la nouveauté la plus utile du dossier, et elle reste quasi absente des contenus francophones. Depuis le 17 décembre 2025, la BVRMA propose une page de vérification par code, gratuite et publique. La procédure, décrite par la page elle-même et par Bali.live le 21 janvier 2026 :
1. Vous repérez une villa (site web, Instagram, WhatsApp, agent).
2. Vous demandez au gestionnaire son code de vérification BVRMA.
3. Vous saisissez ce code sur bvrma.org/verification-page.
4. Si le code est valide, les coordonnées de la société s'affichent. Vous les recoupez avec le contact qui vous écrit : raison sociale, e-mail, téléphone.
5. Vous ne payez qu'une fois cette concordance établie.
L'avertissement affiché sur la page est explicite : « If no details appear, please be cautious — you may be at risk. The company might not be verified as our member. » Traduction : si rien ne s'affiche, rien ne garantit que la société soit membre — et vous avancez à vos risques.
Reste la limite, et elle est essentielle. La BVRMA publie une liste de 62 membres vérifiés pour 2026 — ce sont des sociétés de gestion, pas des villas individuelles. Bali.live évoque de son côté environ 70 sociétés couvrant à peu près 3 000 villas. Rapporté au parc locatif de l'île, c'est une fraction infime. Ne pas être membre de la BVRMA n'est donc pas une preuve d'arnaque : le code est un signal positif quand il est présent, pas un signal négatif quand il est absent. La majorité des propriétaires particuliers de Bali n'ont aucune raison d'en avoir un.
À lire aussi : Négocier son loyer à Bali : les leviers qui marchent vraiment
La page a par ailleurs deux angles morts : elle ne propose pas d'annuaire consultable librement (elle ne répond qu'à un code saisi) et ne publie pas de liste des faux comptes connus. Elle valide, elle n'alerte pas.

Peut-on vérifier le compte bancaire avant de virer ?
Oui, partiellement, et c'est un réflexe trop peu connu des expats. cekrekening.id est présenté par Kompas, le 11 avril 2026, comme un service du Kementerian Komunikasi dan Digital (Komdigi, ex-Kominfo) recensant les comptes bancaires signalés dans des affaires d'escroquerie. La procédure, décrite pas à pas par ce même article : ouvrir www.cekrekening.id, choisir « Periksa Rekening », sélectionner le type (banque ou portefeuille électronique) puis l'établissement, saisir le numéro de compte ou de téléphone, valider le reCAPTCHA et cliquer « Cek Sekarang ». Le système renvoie l'historique des signalements associés à ce compte. Une victime peut aussi enregistrer un compte frauduleux via la rubrique « Daftarkan Rekening », captures d'écran à l'appui.
Attention toutefois : un compte inconnu de la base n'est pas une garantie. Elle ne contient que ce qui a déjà été signalé, et un escroc qui ouvre un compte neuf y reste invisible. Autre limite, méthodologique celle-là : nous n'avons pas pu tester le service, qui refuse les requêtes automatisées, et la fiche correspondante du portail de services du ministère ne nous a rien renvoyé. Son fonctionnement est décrit ici d'après la presse économique nationale, pas d'après un test de notre part.
Comment vérifier le bien et la personne qui vous le loue ?
Le certificat foncier via Sentuh Tanahku
L'application Sentuh Tanahku, éditée par le ministère indonésien ATR/BPN (l'agence nationale du cadastre), permet d'interroger un certificat foncier. Procédure publiée par Kompas le 1er avril 2026 :
- Certificat papier (analogique) : ouvrir l'application, créer un compte avec un e-mail, aller dans « Cari Bidang » → « Sertifikat Analog », saisir le type de droit, la localité, le village (desa) et le numéro de certificat, puis « Cari Bidang Tanah ».
- Certificat électronique : même parcours, avec un numéro NIBEL à 14 chiffres.
La limite est majeure et rarement mentionnée : pour les certificats électroniques, Kompas précise « tidak akan ada data luas maupun nama pemilik » — ni la superficie ni le nom du propriétaire ne s'affichent. L'outil confirme l'existence d'une parcelle, pas l'identité de la personne qui vous loue. Le portail cartographique bhumi.atrbpn.go.id/peta aide à situer la parcelle, mais ne lève pas cette limite.
Les vérifications de terrain, les plus efficaces
Bali Trusted, la plateforme commerciale déjà citée, publie le 24 janvier 2026 une checklist qui ne dépend d'aucun outil en ligne :
- Visiter le bien en personne avant tout paiement.
- Faire correspondre le nom du certificat foncier avec celui du signataire du contrat — la vérification la plus discriminante contre le bailleur non habilité.
- Exiger une preuve de propriété, vérifier que le bien est réellement vacant, parler aux voisins.
- Documenter l'état du bien en photos et vidéos datées avant l'emménagement.
- Photographier les compteurs et faire écrire noir sur blanc les modalités de facturation de l'électricité et de l'eau.
- Tout mettre par écrit.
L'Asosiasi Properti Bali, citée par Rangka Narasi le 18 décembre 2025, ajoute la vérification du permis de construire, la lecture des avis en ligne, un contrat de location officiel et surtout un appel vidéo avant paiement. Si le bien existe et que votre interlocuteur y a accès, trois minutes en visio ne posent aucun problème. Si c'est refusé, vous avez votre réponse.
Un dernier réflexe, terre à terre : comparez le loyer annoncé aux tarifs réellement pratiqués dans le quartier. Un loyer très en dessous du marché local n'est pas une bonne affaire, c'est un signal. À Canggu en particulier, où les écarts entre micro-quartiers sont énormes, le prix de référence se juge rue par rue.

Le faux justificatif de virement : une affaire au tribunal de Denpasar
Un dossier réel, documenté par deux sources indépendantes, illustre un piège symétrique : celui du justificatif de paiement falsifié. La victime y est la propriétaire, pas le locataire — mais la mécanique du faux document fonctionne dans les deux sens.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Mis en cause | Denis Vallee, 44 ans, ressortissant canadien |
| Victime | Nurhariani, propriétaire de la Beelia Luxe Villa |
| Objet | Bail d'un an, 1er mai 2025 → 1er mai 2026 |
| Montant du bail | Rp 5,035 milliards, en deux versements de Rp 2,517 milliards |
| Mode opératoire reproché | Deux faux justificatifs de virement depuis des banques canadiennes, 209 420 CAD annoncés à chaque fois. L'argent n'est jamais arrivé sur le compte |
| Chronologie | Visite 20/04/2025 · signature 22/04/2025 · faux virements 30/04 et 06/05/2025 · occupation sans paiement du 1er au 14/05/2025 · garde à vue 15/05 → 03/06/2025 · première audience 31/07/2025 |
| Qualification retenue | Article 378 du KUHP (escroquerie) |
Sources : ANTARA Bali et Detik, 31 juillet 2025. Les deux divergent légèrement sur l'orthographe des noms, et Detik date un premier virement de 2024 là où toute la chronologie impose 2025. Nous n'avons trouvé aucune information sur l'issue du procès : rien ne permet d'écrire que l'intéressé a été condamné, et la présomption d'innocence lui reste acquise. La leçon opérationnelle vaut pour tout le monde, locataire comme bailleur : une capture d'écran de virement n'est pas un paiement. Seul le crédit effectif sur le compte fait foi.
Que se passe-t-il si vous avez déjà payé ?
Autant le dire franchement : les chances de récupération sont faibles. Sur les 101 victimes recensées par la BVRMA en 2025, aucune n'a revu son argent. Et l'assurance voyage ne comble pas ce trou — Bali.live le formule sans détour le 21 janvier 2026 : elle « doesn't protect against scammers and won't refund your money if you transferred it to fraudsters ». Un virement volontaire vers un escroc n'est pas un sinistre couvert.
Cela ne dispense pas de signaler, ne serait-ce que pour alimenter les bases qui protégeront le suivant.
| Canal | Nature | Délais affichés |
|---|---|---|
| lapor.go.id (SP4N-LAPOR!) | Portail national de signalement du gouvernement indonésien, plus de 700 institutions raccordées | Vérification et transmission sous 3 jours, réponse de l'institution sous 5 jours, fenêtre de réponse laissée au plaignant 10 jours |
| cekrekening.id, rubrique « Daftarkan Rekening » | Signalement d'un compte bancaire frauduleux au ministère Komdigi | Non précisé |
| patrolisiber.id, commissariat local (laporan polisi), OJK | Cybercriminalité du Bareskrim Polri, plainte classique, volet bancaire | Non précisé |
Restons précis sur ce tableau. La page de SP4N-LAPOR ne précise pas si un étranger peut déposer un signalement ; une inscription est requise, et rien ne nous permet d'affirmer que le dispositif est ouvert aux non-Indonésiens. Quant à patrolisiber.id, qui refuse lui aussi les requêtes automatisées, son existence est attestée par la presse indonésienne : nous ne l'avons pas testé.
Ce que dit le droit depuis le 2 janvier 2026
Un point de vigilance, valable pour tous les conseils que vous lirez ailleurs : le nouveau code pénal indonésien (UU n° 1 de 2023) est entré en vigueur le 2 janvier 2026, au terme d'une transition de trois ans. L'escroquerie n'est donc plus poursuivie sous l'article 378 de l'ancien KUHP, mais sous l'article 492 du nouveau texte.
| Critère | Ancien article 378 KUHP | Nouvel article 492 (UU 1/2023) |
|---|---|---|
| En vigueur | jusqu'au 1er janvier 2026 | depuis le 2 janvier 2026 |
| Peine de prison | 4 ans maximum | 4 ans maximum |
| Amende | aucune peine d'amende alternative | amende alternative (système « double track ») |
Sur l'amende, en revanche, nous ne donnons aucun chiffre, et c'est délibéré. Les commentaires juridiques indonésiens ne s'accordent pas sur la catégorie applicable : le cabinet Ahdan Ramdani retient la « catégorie V », Logika Hukum la « catégorie IV » — et aucun des deux ne convertit cette catégorie en roupies. Le texte officiel, publié sur le portail JDIH BPK RI, nous a renvoyé une erreur 403 : nous n'avons donc pas pu vérifier le barème à la source. Les montants en roupies qui circulent sur ce point dans les articles de vulgarisation ne remontent à aucun texte : nous ne les reprenons pas. La durée de 4 ans, elle, fait l'unanimité.
Ce que les avis aux voyageurs ne disent pas
Le conseil aux voyageurs britannique (GOV.UK, Indonesia — safety and security) comporte une section « Scams ». Elle traite la fraude à la carte bancaire, les bureaux de change non licenciés — « only use licensed currency exchanges, identified by a Bank of Indonesia logo and a QR code » — et la hausse des arnaques dans les salons de tatouage, les ongleries et les spas de Bali. Elle ne dit pas un mot des arnaques à la location. Sur ce risque précis, l'avis officiel ne prévient de rien : la vérification est entièrement à votre charge.
Ce qu'une plateforme d'annonces change — et ce qu'elle ne change pas
Chaque étape du mode opératoire BVRMA a une contre-mesure de bon sens, et plusieurs consistent simplement à ne pas sortir du cadre écrit.
- Garder la conversation sur la messagerie de la plateforme. L'escroc a besoin de vous attirer sur un WhatsApp privé pour obtenir un virement vers un compte personnel, hors de tout historique.
- Ne jamais virer avant d'avoir vu : visite physique, à défaut appel vidéo en direct dans le bien.
- Recouper l'identité. Nom sur le certificat foncier = nom du signataire du contrat = titulaire du compte bénéficiaire.
- Exiger un écrit : contrat, inventaire, relevés de compteurs, état des lieux photo daté.
Sur Lokalfinds, les annonces immobilières sont modérées et les échanges passent par une messagerie interne : ce qui a été promis reste écrit, et personne n'a de raison légitime de vous faire basculer sur un fil privé — ce glissement qui, dans le mode opératoire décrit plus haut, précède le virement à l'aveugle.
Il faut être tout aussi clair sur les limites : aucune plateforme d'annonces ne vérifie les titres fonciers, ne contrôle un certificat au BPN, ni ne remplace une visite. La modération filtre les annonces manifestement frauduleuses, elle ne certifie pas la propriété d'un bien. Le trio visite + concordance des noms + écrit reste à votre charge, comme le reste de votre checklist d'installation à Bali.
Questions fréquentes
Combien de victimes d'arnaque à la location sont recensées à Bali ?
La Bali Villa Rental and Management Association a recensé 101 victimes d'arnaque à la location de villa sur l'ensemble de l'année 2025, chiffre relayé par Kompas Denpasar le 18 décembre 2025 et repris par deux autres médias locaux. Aucune de ces victimes n'a récupéré son argent. Il n'existe aucune statistique gouvernementale ou policière publique sur ce phénomène à Bali.
Comment vérifier qu'un loueur de villa à Bali est légitime ?
Demandez son code de vérification BVRMA et saisissez-le sur bvrma.org/verification-page : si le code est valide, les coordonnées de la société s'affichent et vous les recoupez avec votre interlocuteur. Complétez par un appel vidéo en direct dans le bien, la concordance entre le nom du certificat foncier et celui du signataire du contrat, et une vérification du compte bénéficiaire sur cekrekening.id.
Un loueur sans code BVRMA est-il forcément un escroc ?
Non. La BVRMA liste 62 sociétés membres vérifiées pour 2026, et Bali.live évoque environ 70 sociétés couvrant quelque 3 000 villas : rapporté au parc locatif de l'île, c'est une fraction infime. La majorité des propriétaires particuliers n'ont aucune raison d'avoir un code. Le code est un signal positif quand il est présent, pas un signal négatif quand il est absent.
Peut-on vérifier le compte bancaire d'un loueur avant de virer ?
Oui, via cekrekening.id, service du ministère indonésien Komdigi. On choisit « Periksa Rekening », le type de compte, l'établissement, puis on saisit le numéro de compte ou de téléphone. Le système renvoie l'historique des signalements. Attention : un compte inconnu de la base n'est pas une garantie, car elle ne contient que ce qui a déjà été signalé par des victimes.
Sentuh Tanahku permet-il de connaître le nom du propriétaire ?
Pas pour les certificats électroniques. Kompas précise le 1er avril 2026 que ni la superficie ni le nom du propriétaire ne s'affichent dans ce cas. L'application de l'agence cadastrale ATR/BPN confirme l'existence d'une parcelle, pas l'identité du bailleur. La vérification décisive reste de comparer le nom figurant sur le certificat papier avec celui du signataire du contrat.
Que faire si j'ai déjà viré l'argent à un faux loueur ?
Signalez le compte bancaire sur cekrekening.id, déposez un signalement sur lapor.go.id — vérification annoncée sous 3 jours, réponse de l'institution sous 5 — et déposez plainte au commissariat. Conservez captures d'écran, contrat et preuve de virement. Sur les 101 victimes recensées par la BVRMA en 2025, aucune n'a été remboursée : partez du principe que le signalement protège surtout les suivants.
L'assurance voyage rembourse-t-elle une arnaque à la location ?
Non. Bali.live l'écrit noir sur blanc le 21 janvier 2026 : une assurance voyage ne protège pas contre les escrocs et ne rembourse pas un montant que vous leur avez volontairement viré. Un virement consenti n'est pas un sinistre couvert. C'est un argument direct en faveur d'un paiement tracé, effectué après vérification, plutôt que d'un virement à l'aveugle sur un compte personnel.
Sources
- SP4N-LAPOR! — officiel — canal national de signalement : vérification sous 3 jours, réponse de l'institution sous 5, fenêtre de réponse de 10 jours pour le plaignant, plus de 700 institutions raccordées.
- ATR/BPN — portail cartographique Bhumi — officiel — cadastre cartographique officiel.
- JDIH BPK RI — UU n° 1 de 2023 — officiel — texte officiel du nouveau code pénal, cité comme référence : la page nous a renvoyé une erreur 403, elle n'a pas pu être consultée.
- GOV.UK — Indonesia, safety and security — officiel — section « Scams », sans aucune mention des arnaques à la location.
- Kompas Denpasar (18/12/2025) — presse — source primaire des 101 victimes de 2025, absence de récupération des fonds, lancement de la page BVRMA, alias des escrocs.
- Bali Post (14/01/2026) — presse — valeur d'une réservation « puluhan hingga ratusan juta rupiah », plus de 100 cas similaires survenus, modus operandi décrit par la BVRMA.
- BVRMA — page de vérification — association professionnelle — validation par code et avertissement officiel en cas de code invalide.
- BVRMA — liste des membres 2026 — association professionnelle — 62 sociétés membres vérifiées.
- Bali.live (maj 21/01/2026) — presse — procédure en 5 étapes, ~70 sociétés pour ~3 000 villas, non-couverture par l'assurance voyage.
- Dewata News (19/12/2025) — presse — citation d'I Kadek Adnyana sur le vol des photos et la rotation des alias.
- Sightseeing Bali (14/01/2026) — presse — hausse des cas à l'approche de la haute saison.
- Kompas — cek rekening penipuan (11/04/2026) — presse — procédure pas à pas de cekrekening.id, rattachement au ministère Komdigi, signalement d'un compte.
- Kompas — cek sertifikat tanah (01/04/2026) — presse — procédure Sentuh Tanahku ; ni superficie ni nom du propriétaire sur les certificats électroniques.
- Bali Trusted (24/01/2026) — commercial — plateforme locative commerciale ; checklist de terrain : concordance certificat/signataire, voisins, état des lieux, compteurs. Aucun chiffre publié.
- Rangka Narasi (18/12/2025) — presse — recommandations de l'Asosiasi Properti Bali, dont l'appel vidéo avant paiement.
- Villa Inspection (01/01/2025) — commercial — société d'inspection de villas ; typologie en 7 schémas : fausse annonce, bait-and-switch, vol de caution, double location, factures gonflées, sous-location, « vente urgente ». Aucun chiffre publié.
- ANTARA Bali (31/07/2025) — presse — affaire Denis Vallee : dates du bail, Rp 5,035 milliards, faux justificatifs de 209 420 CAD.
- Detik (31/07/2025) — presse — corroboration de l'affaire, qualification sous l'article 378 du KUHP.
- Logika Hukum (07/01/2026) — commercial — article 492, 4 ans, transition de trois ans ; retient la catégorie IV pour l'amende.
- Ahdan Ramdani — 378 vs 492 — commercial — comparaison des deux articles, système « double track » ; retient la catégorie V, sans en chiffrer le montant.
Article rédigé le 22 juillet 2026 à partir de sources consultées à cette date. Les chiffres cités proviennent d'une association professionnelle privée (BVRMA) relayée par la presse indonésienne, et non de statistiques gouvernementales, qui n'existent pas sur ce sujet. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil juridique : pour toute démarche, référez-vous aux sources officielles indonésiennes citées ou à un conseil qualifié.



