Oui, acheter un vêtement d'occasion à Bali en 2026 reste légal pour un particulier : ce qui est interdit, c'est de le faire entrer dans le pays. Le règlement du ministère indonésien du Commerce n° 47 de 2025, adopté le 29 décembre 2025 et entré en vigueur le 1er janvier 2026, classe les pakaian bekas (vêtements usagés, position tarifaire 6309.00.00) parmi les marchandises interdites à l'importation. Son article 3 vise expressément « l'importateur » et l'acte d'importer — ni l'acheteur, ni le commerçant qui écoule un stock déjà présent. Un importateur encourt jusqu'à 5 ans de prison et/ou 5 milliards IDR d'amende (loi n° 7 de 2014, art. 112), et 1 à 10 ans plus 50 millions à 5 milliards IDR si la contrebande est caractérisée (loi n° 17 de 2006, art. 102). La nuance qui compte pour vous : l'article 103, lettre d, de cette même loi douanière punit de 2 à 8 ans et/ou de 100 millions à 5 milliards IDR quiconque achète, stocke ou revend des marchandises importées dont il sait ou peut raisonnablement soupçonner qu'elles viennent d'une contrebande. Revendre les vêtements que vous possédez déjà en Indonésie ne relève, en revanche, d'aucune de ces dispositions.

Que dit exactement le texte qui interdit la fripe importée ?
Le texte existe, il est public, et il tient en neuf articles. Le Peraturan Menteri Perdagangan n° 47 de 2025, intitulé « Barang yang Dilarang untuk Diimpor » (marchandises interdites à l'importation), a été signé par le ministre du Commerce Budi Santoso le 29 décembre 2025 et promulgué le lendemain. Son article 9 fixe l'entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Sur la base juridique du ministère, son statut est « Berlaku » — en vigueur — et aucun texte modificatif de 2026 n'y figure au 8 septembre 2026.
Un détail mérite d'être signalé, parce qu'il pourrait faire douter de tout le reste : le fichier PDF mis en ligne par le ministère porte en en-tête la mention « RANCANGAN » (projet) et un bandeau « Hasil Telaahan Biro Hukum » daté du 29 novembre 2016. Ce sont des résidus de gabarit, pas un statut. Le même fichier contient la formule d'édiction signée — « fait à Jakarta le 29 décembre 2025, le ministre du Commerce, Budi Santoso » —, l'ordre de publication au Berita Negara, et la fiche officielle du ministère donne indépendamment la date d'adoption, la date de promulgation, le statut « Berlaku » et la référence de publication : Berita Negara 2025 n° 1156, 5 pages. Les PDF des règlements 16/2025 et 19/2026 cités plus loin, téléchargés depuis la même base, ne portent pas cette mention. Le texte est donc bien en vigueur ; c'est la mise en page du fichier qui est fautive.
Son article 2 dresse la liste de douze catégories interdites — sucre, riz, substances appauvrissant la couche d'ozone, équipements frigorifiques, déchets dangereux, dispositifs médicaux au mercure… — dont la lettre d : « kantong bekas, karung bekas, dan pakaian bekas », sacs usagés, sacs de jute usagés et vêtements usagés. L'annexe IV donne les positions tarifaires : 6305.10.21 et 6305.10.29 pour les sacs de jute, et la ligne 23, 6309.00.00, « pakaian bekas dan barang bekas lainnya ».
L'architecture du texte mérite d'être lue de près, parce que c'est elle qui trace la frontière. L'article 3 dispose que « l'importateur a interdiction d'importer, depuis l'extérieur du territoire douanier, les marchandises désignées comme interdites à l'importation ». Le sujet de la phrase est l'importateur ; l'objet est l'acte d'importation. L'article 1er, point 3, définit l'importateur comme « une personne physique, une institution ou une entreprise qui réalise une importation » — un particulier peut donc parfaitement tomber sous le coup du texte s'il fait entrer la marchandise. L'article 4 ferme les échappatoires classiques : l'interdiction s'applique aussi à l'entrée en zone franche (Batam et les autres KPBPB), en zone économique spéciale, en entrepôt sous douane et sous le régime d'importation pour transformation-export. L'article 5 ouvre une seule exception à ces deux interdictions : la réimportation de marchandises préalablement exportées. Le texte comporte bien une seconde dérogation, à l'article 7, mais elle est transitoire et ne concerne que certains équipements frigorifiques au HCFC-123 expédiés avant l'entrée en vigueur — rien qui touche les vêtements. Pour les pakaian bekas, la réimportation reste donc la seule porte ouverte. L'article 8 abroge notamment les règlements 18/2021 et 40/2022, qui portaient l'interdiction jusque-là.
Ce point explique une confusion fréquente dans la presse : jusqu'au 31 décembre 2025, le fondement cité par l'administration était le règlement 40/2022 — c'est encore celui qu'invoquait Mario Josko, directeur général de la protection du consommateur au ministère du Commerce, dans un entretien à detikBali le 15 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, la référence à jour est le 47/2025 ; l'interdiction, elle, n'a pas changé de fond depuis 2022.
| Le texte en un coup d'œil | Contenu |
|---|---|
| Référence | Permendag n° 47 de 2025, « Barang yang Dilarang untuk Diimpor » |
| Adopté / promulgué | 29 décembre 2025 / 30 décembre 2025 |
| En vigueur depuis | 1er janvier 2026 (article 9) |
| Marchandise visée | Pakaian bekas — position tarifaire 6309.00.00 (annexe IV, ligne 23) |
| Personne visée | L'importateur, défini comme personne physique, institution ou entreprise (art. 1er.3 et 3) |
| Champ | Territoire douanier, zones franches, zones économiques spéciales, entrepôts sous douane (art. 4) |
| Exception applicable aux vêtements | Réimportation de biens préalablement exportés (art. 5) — l'art. 7 ne déroge que pour certains équipements frigorifiques |
| Abroge | Notamment Permendag 18/2021 et 40/2022 (art. 8) |
| Sanctions | Renvoi aux lois ; le règlement n'en fixe aucune lui-même (art. 6) |
Qui risque quoi, et pour quel acte ?
Le règlement 47/2025 ne prévoit aucune peine : son article 6 se contente de renvoyer « aux dispositions de la réglementation en vigueur ». Les sanctions se trouvent dans deux lois, et elles ne frappent pas les mêmes personnes.
La loi n° 7 de 2014 sur le commerce interdit à l'importateur d'importer des marchandises interdites (art. 51, al. 2) et punit ce manquement de cinq ans de prison au maximum et/ou de cinq milliards IDR d'amende au maximum (art. 112, al. 2). Elle contient aussi une règle plus large que beaucoup ignorent : son article 47, alinéa 1, impose que « tout importateur importe des marchandises à l'état neuf », le non-respect étant sanctionné par l'article 111 des mêmes peines. Attention toutefois à ne pas en tirer plus qu'il n'y a : l'alinéa 2 du même article permet expressément au gouvernement de désigner des marchandises importables non neuves — biens d'équipement d'occasion introuvables localement, matériel de secours après catastrophe, entre autres. L'importation d'occasion n'est donc pas interdite en bloc ; ce sont les vêtements usagés qui figurent, eux, sur la liste des marchandises prohibées.
La loi n° 17 de 2006 sur les douanes est plus sévère et, surtout, plus large dans les personnes qu'elle atteint. Son article 102 punit la contrebande à l'importation — marchandise hors manifeste, déchargement hors zone douanière, dissimulation, fausse déclaration d'espèce ou de quantité — d'une peine plancher d'un an et d'un plafond de dix ans, assortie d'une amende de 50 millions à 5 milliards IDR. Son article 102B porte ces peines à 5-20 ans et 5-100 milliards IDR lorsque l'infraction « perturbe les fondements de l'économie nationale ». Et son article 103, lettre d, vise nommément l'aval de la filière : stocker, entreposer, détenir, acheter, vendre, échanger, obtenir ou céder des marchandises importées « dont on sait ou dont on peut raisonnablement soupçonner » qu'elles proviennent d'une infraction de l'article 102, avec une peine de deux à huit ans de prison et/ou une amende de 100 millions à 5 milliards IDR — le texte écrit bien « dan/atau », la prison et l'amende ne se cumulent donc pas nécessairement. La confiscation, elle, ne figure pas à l'article 105, contrairement à ce qu'on lit parfois : cet article-là punit le bris de scellés douaniers. C'est l'article 109 qui prévoit que les marchandises importées provenant des infractions des articles 102, 103 lettre d ou 104 lettre a sont confisquées au profit de l'État, et que les moyens de transport « exclusivement utilisés » pour commettre l'infraction de l'article 102 le sont également.
Concrètement, la loi permet de poursuivre un commerçant qui achète des balles de fripe importée en sachant d'où elles viennent. Aucune source consultée ne fait état de poursuites contre un consommateur final, et le critère « savait ou pouvait raisonnablement soupçonner » suppose une démonstration — mais le texte ne fixe aucun seuil de quantité.
| Acte | Texte | Peine encourue |
|---|---|---|
| Importer des vêtements usagés (marchandise interdite) | Loi 7/2014, art. 51.2 et 112.2 | Jusqu'à 5 ans et/ou jusqu'à 5 000 000 000 IDR |
| Importer une marchandise non neuve hors des cas autorisés par le gouvernement | Loi 7/2014, art. 47 et 111 | Jusqu'à 5 ans et/ou jusqu'à 5 000 000 000 IDR |
| Contrebande à l'importation (hors manifeste, dissimulation, fausse déclaration) | Loi 17/2006, art. 102 | 1 à 10 ans et 50 000 000 à 5 000 000 000 IDR |
| Contrebande perturbant l'économie nationale | Loi 17/2006, art. 102B | 5 à 20 ans et 5 à 100 milliards IDR |
| Stocker, détenir, acheter, vendre ou céder des biens issus de cette contrebande, en connaissance ou avec soupçon raisonnable | Loi 17/2006, art. 103 d | 2 à 8 ans et/ou 100 000 000 à 5 000 000 000 IDR |
| Sort de la marchandise et des véhicules exclusivement dédiés | Loi 17/2006, art. 109 | Confiscation au profit de l'État |
Pourquoi l'Indonésie tient-elle autant à cette interdiction ?
Trois arguments reviennent chez les ministres, et ils sont chiffrés. Le premier est économique : le vice-ministre de l'Industrie Faisol Riza a déclaré le 4 février 2026 que la fripe importée illégale se vend 10,4 à 19,9 fois moins cher que le produit local équivalent, sur un marché de l'habillement d'environ 10 000 milliards IDR par mois — 119 800 milliards IDR par an pour 281,6 millions d'habitants. À Bali, le chef du service provincial de l'Industrie et du Commerce, I Wayan Jarta, déclarait en mars 2023 ne pas pouvoir chiffrer le préjudice, mais estimait que ce commerce freinait de 30 à 40 % la diffusion des produits locaux — un frein à l'écoulement, pas un écart de prix.
Le deuxième est sanitaire : dans l'affaire de Tabanan, l'analyse en laboratoire d'échantillons de tissu a révélé la présence de bactéries bacillus sp.
Le troisième est le refus de devenir, selon la formule de Budi Santoso, une « destination majeure des déchets textiles ». Les volumes le confirment : les importations de textiles finis et de vêtements usagés ont atteint 78,19 millions USD de janvier à juillet 2025, en hausse de 17,33 % sur un an, principalement depuis la Chine, le Vietnam et le Bangladesh. Sur douze mois arrêtés à novembre 2025, les autorités ont immobilisé 17 200 balles, soit 1 720 tonnes ou environ 8,6 millions de pièces ; la destruction coûtant 12 millions IDR par conteneur, le gouvernement a préféré un plan de recyclage avec l'association textile AGTI.
| Date | Saisie | Lieu | Valeur estimée |
|---|---|---|---|
| Août 2022 | 750 balles | Karawang, Java Ouest | ~8,5 milliards IDR |
| 2023 | 112,95 tonnes | Batam | ~17,35 milliards IDR |
| Janvier 2025 | 463 balles | Surabaya | ~6,3 milliards IDR |
| Janvier 2025 | 1 200 balles | Subang | ~8,3 milliards IDR |
| 14-15 août 2025 | 19 391 balles | Java Ouest | ~112,35 milliards IDR |
| Décembre 2025 | 846 balles | Tabanan, Bali | 3,5 milliards IDR |
| Juin 2026 | 43 conteneurs, ~4 687 balles | Jakarta et Kalimantan Sud | ~37,5 milliards IDR (≈ 2 M USD) |
| Juillet 2026 | 2 065 balles | Pontianak, Kalimantan Ouest | non communiquée |
Chiffres relevés le 8 septembre 2026 auprès de l'agence de presse d'État Antara et de detikFinance.
Ce qui s'est passé à Bali : Pasar Kodok et l'affaire de Tabanan
Bali a son épicentre : le Pasar Kodok, officiellement Pasar Obral Bekas, à Banjar Tegal Belodan, village de Dauh Peken, Tabanan. C'était le plus grand marché de fripe de l'île. Il a fermé après une descente de police le 16 mars 2023, au lendemain de l'annonce de Joko Widodo — « l'import de vêtements usagés doit cesser, il perturbe fortement notre industrie nationale ». Trois jours plus tard, les étals étaient encore vides. Le 20 mars, deux collecteurs étaient arrêtés avec 117 sacs valant 1,17 milliard IDR, arrivés de Malaisie via des ports de Sumatra Nord et de Jambi.
Le marché n'est pas resté fermé. Le 15 décembre 2025, la police criminelle nationale a annoncé le démantèlement d'un réseau dont l'entrepôt se trouvait à Tabanan : 846 balles saisies, deux suspects désignés par leurs initiales ZT et SB, approvisionnés par deux ressortissants sud-coréens. La marchandise était commandée en Corée du Sud depuis 2021, expédiée via la Malaisie, et entrait par des ports non enregistrés. Les enquêteurs ont chiffré les transactions du réseau à 669 milliards IDR depuis 2021, dont 367 milliards d'achats de vêtements, et saisi 22 milliards IDR d'avoirs — sept bus, un Pajero, un Toyota Raize, 2,5 milliards IDR sur des comptes bancaires. Les chefs d'accusation annoncés cumulent blanchiment et importation illégale, pour des peines pouvant aller jusqu'à vingt ans. Le circuit de distribution passait par des boutiques physiques, des marchés, des détaillants et des applications de vente en ligne — avec le Pasar Kodok comme point de distribution clé.
Côté provincial, l'aveu est franc. Ni Luh Putu Suratini, responsable de la supervision commerciale au service Industrie et Commerce de Bali, résumait le même jour : « le contrôle des importations de vêtements usagés est extrêmement difficile… Nous avons fait de la sensibilisation, de l'éducation, nous avons collaboré avec le pouvoir central. Mais au bout du compte, il y en a toujours. »

La fripe importée est-elle encore vendue à Bali en 2026 ?
Oui, à une échelle réduite et sous surveillance. Le Pasar Kodok fonctionnait toujours en décembre 2025 quand la police y a remonté la filière coréenne. Aucune source publique consultée ne donne le nombre de commerçants encore actifs sur place, ni de relevé de prix à Bali pour 2026 — mieux vaut l'écrire que d'avancer un chiffre.
Deux points de repère existent malgré tout. À Tabanan en mars 2023, un revendeur achetait une pièce de marque 50 000 à 75 000 IDR au marché et la revendait à partir de 150 000 IDR, pour un capital de départ de 2 millions IDR. À Jakarta, le marché de Senen tenait encore fin décembre 2025, nettement moins fréquenté, ses stocks venant surtout d'entrepôts constitués avant les restrictions, avec des prix de 20 000 IDR à quelques centaines de milliers d'IDR la pièce. Ces montants datent de mars 2023 et de décembre 2025 : un ordre de grandeur, pas la cote du jour.
La pression s'exerce aussi en ligne. Le 6 novembre 2025, le ministre des PME Maman Abdurrahman a ordonné aux plateformes de commerce en ligne de fermer les boutiques vendant des vêtements d'occasion importés — et plusieurs opérateurs ont commencé à les retirer dans la foulée. Le 4 décembre, le ministre du Commerce a écarté l'idée de taxer ces produits, avec un argument sans ambiguïté : « une telle taxe est impossible, étant donné que le statut de l'importation de vêtements usagés est illégal en Indonésie ». En parallèle, les marchés de Senen (Jakarta) et Gedebage (Bandung) sont reconvertis vers les marques locales, avec plus de 150 marques partenaires.
Le commerce en ligne relève par ailleurs, depuis le 8 juin 2026, du règlement 19/2026 : obligation pour le professionnel de respecter les règles sur les biens dont le commerce est interdit ou restreint (art. 25), et — sur le terrain plus étroit de la publicité électronique — obligation pour la plateforme de couper l'accès aux annonces publicitaires contraires à la réglementation puis, après trois coupures visant le même compte professionnel, au compte lui-même (art. 33), l'administration pouvant ordonner ces coupures (art. 34). Le texte s'adresse au « Pelaku Usaha », défini comme toute personne ou entité exerçant une activité d'entreprise en ligne, sans qu'aucun seuil chiffré ne sépare le particulier occasionnel du professionnel — un angle mort à connaître.
Comment distinguer un stock importé illégalement d'une revente entre particuliers ?
La différence n'est pas seulement morale, elle est tarifaire. La note légale 3 du chapitre 63 du Système harmonisé — la nomenclature douanière internationale — réserve la position 63.09 aux articles réunissant deux conditions cumulatives : des signes d'usure appréciable et une présentation « en vrac ou en balles, sacs ou emballages similaires ». C'est le second critère qui sépare une balle compressée d'une robe vendue à l'unité. Le vocabulaire indonésien fait la même distinction : le thrift désigne la fripe importée en gros pour la revente, le preloved les affaires personnelles qu'on liquide.
| Indice | Stock importé (fripe en balles) | Revente entre particuliers |
|---|---|---|
| Origine annoncée | « Arrivage », « nouveau bal », « import Korea / Japan » | « À moi », « je pars », « ça ne me va plus » |
| Volume | Dizaines ou centaines de pièces, réassort régulier | Quelques pièces, pas de réassort |
| Homogénéité | Lot d'un même type ou d'une même provenance | Tailles et styles disparates, ceux d'une personne |
| Étiquetage | Étiquettes en coréen, japonais, anglais ; parfois arrachées | Étiquettes du commerce local ou de la marque d'origine |
| Prix d'entrée | 50 000 à 75 000 IDR la pièce de marque en gros (Tabanan, mars 2023) | Prix libre, souvent proche du prix cédé entre voisins |
| Lieu | Étal de marché spécialisé, entrepôt, boutique à rotation rapide | Domicile, vide-dressing, annonce en ligne d'un compte personnel |
| Statut juridique de l'acheteur | Exposé à l'art. 103 d de la loi 17/2006 s'il sait ou peut soupçonner | Hors du champ du règlement 47/2025 |
Le voyageur qui arrive avec ses propres vêtements est-il concerné ?
Rien dans les sources consultées ne permet de penser qu'il le soit, et aucun cas de valise d'effets personnels traitée comme une importation de fripe n'est documenté — mais disons d'emblée que la démonstration repose sur un raisonnement, pas sur une phrase de texte. La franchise personnelle n'est pas une importation commerciale. La direction générale des douanes indonésiennes (Bea Cukai) indique que « les biens personnels du passager, jusqu'à une valeur en douane FOB de 500 USD par personne, bénéficient d'une exonération de droits d'entrée » ; au-delà s'appliquent un droit forfaitaire de 10 %, une TVA de 11 % et un impôt sur le revenu de 0,5 à 10 % avec numéro fiscal indonésien, ou de 1 à 20 % sans.
Le règlement 16/2025 sur la politique d'importation prévoit de son côté, à son article 42, que les personnes ne pouvant détenir de numéro d'importateur peuvent faire entrer des « biens personnels du passager » et des « biens de déménagement de ressortissants indonésiens et étrangers », neufs ou non neufs, à la condition expresse que l'opération « ne soit pas réalisée pour une activité commerciale ».
Il faut dire tout de suite la limite de cet article 42, parce qu'elle est décisive et qu'elle est presque toujours passée sous silence : son alinéa 1 n'ouvre ce régime qu'aux marchandises « libres à l'importation » (Barang Bebas Impor) et « restreintes à l'importation » (Barang Dibatasi Impor). Il ne mentionne pas la catégorie des marchandises interdites, celle où figurent les vêtements usagés. Le régime des effets personnels n'est donc pas, en lui-même, une dérogation à l'interdiction du 47/2025.
D'où la réserve d'honnêteté : aucun texte indonésien consulté ne dit noir sur blanc que les vêtements portés d'un voyageur échappent à la position 6309. Ce qui tient debout, c'est un raisonnement de classement tarifaire — une valise d'effets personnels ne remplit pas la condition de présentation « en vrac ou en balles » de la note de chapitre citée plus haut, et sort donc de la position visée par l'interdiction avant même qu'on se demande si l'article 42 s'applique. Ce raisonnement paraît solide, il est cohérent avec l'absence de tout cas rapporté, mais il n'est écrit tel quel dans aucun texte indonésien : présentez-le comme tel si un agent vous pose la question. À l'inverse, faire entrer un lot de pièces identiques encore étiquetées pour les revendre sort du régime des effets personnels et retombe sans ambiguïté dans l'interdiction.

Vendre ses propres vêtements d'occasion à Bali : ce qui reste parfaitement légal
Voilà le point à retenir si vous videz une armoire avant un départ. Le règlement 47/2025 porte sur l'importation, et rien d'autre : son intitulé, son article 3 et tout son dispositif concernent l'entrée de marchandises sur le territoire douanier. Une recherche par intitulé sur la base juridique du ministère du Commerce pour « barang dilarang diperdagangkan » — biens interdits de commerce — ne renvoie aucun règlement. Le gouvernement lui-même, quand il a écarté la taxation, a visé « le statut de l'importation » de vêtements usagés, pas leur circulation intérieure.
Un vêtement que vous avez acheté neuf en Indonésie, ou apporté légalement dans vos bagages, vous appartient. Le revendre à un voisin, à une amie ou via une annonce en ligne ne fait entrer aucune marchandise dans le pays et ne relève d'aucune des infractions détaillées plus haut. C'est exactement ce que couvre la catégorie preloved : des affaires personnelles qui changent de mains. Sur Lokalfinds, une annonce de vêtements que vous possédez déjà est une vente entre particuliers ordinaire, au même titre qu'un scooter ou qu'un canapé.
Deux réflexes tout de même. Décrivez l'origine dans l'annonce — « à moi depuis deux ans », « acheté à Seminyak en 2024 » : la transparence sur la provenance est ce qui distingue votre vente d'un écoulement de stock, et ce qui rassure l'acheteur. Et appliquez les précautions habituelles : la checklist sécurité du rendez-vous d'achat-vente à Bali vaut pour un carton de vêtements comme pour un appareil photo, et les pièges classiques des petites annonces à Bali ne changent pas de nature parce que le prix est bas.
Pour un lot entier avant un départ, la logique est celle d'un déménagement : les conseils pour vendre vos annonces plus vite et les ordres de grandeur de notre guide sur la revente de meubles à Bali s'appliquent tels quels.
Questions fréquentes
Est-il illégal d'acheter un vêtement d'occasion à Bali en 2026 ?
Non, aucun texte n'interdit à un particulier d'acheter un vêtement d'occasion en Indonésie. L'interdiction du règlement 47/2025 porte sur l'importation et vise l'importateur. Une réserve existe cependant : l'article 103, lettre d, de la loi douanière n° 17 de 2006 punit de 2 à 8 ans de prison et/ou de 100 millions à 5 milliards IDR l'achat de marchandises dont on sait ou dont on peut raisonnablement soupçonner qu'elles proviennent d'une contrebande. Aucune poursuite contre un consommateur final n'est documentée, mais la disposition ne fixe aucun seuil de quantité.
Quel est le numéro et la date exacte du texte qui interdit l'importation de vêtements d'occasion ?
Il s'agit du Peraturan Menteri Perdagangan n° 47 de 2025, « Barang yang Dilarang untuk Diimpor », adopté à Jakarta le 29 décembre 2025, promulgué le 30 décembre 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026 selon son article 9. Il abroge les règlements 18/2021 et 40/2022, qui portaient l'interdiction auparavant. Les vêtements usagés y figurent à l'article 2, alinéa 1, lettre d, et à l'annexe IV sous la position tarifaire 6309.00.00.
Puis-je ramener mes propres vêtements portés dans ma valise en arrivant à Bali ?
Les biens personnels du passager relèvent d'un régime distinct : la direction générale des douanes indonésiennes accorde une exonération de droits d'entrée jusqu'à 500 USD FOB par personne, et le règlement 16/2025 autorise l'entrée de biens personnels et de biens de déménagement, neufs ou non neufs, à condition qu'ils ne servent pas à une activité commerciale. Deux limites à connaître : l'article 42 de ce règlement ne couvre que les marchandises libres ou restreintes à l'importation, pas les marchandises interdites ; et aucun texte indonésien consulté ne formule explicitement le cas des vêtements portés. Le raisonnement s'appuie sur la note légale 3 du chapitre 63 du Système harmonisé, qui réserve la position 6309 aux articles présentés en vrac ou en balles — une valise n'en est pas une. Il paraît solide et rien ne le contredit, mais il n'est écrit tel quel nulle part.
Que risque exactement celui qui importe des balles de fripe ?
Deux régimes se cumulent. La loi n° 7 de 2014 sur le commerce prévoit jusqu'à 5 ans de prison et/ou jusqu'à 5 milliards IDR d'amende pour l'importation d'une marchandise interdite (art. 112, al. 2). La loi n° 17 de 2006 sur les douanes prévoit 1 à 10 ans et 50 millions à 5 milliards IDR pour la contrebande à l'importation (art. 102), et 5 à 20 ans avec 5 à 100 milliards IDR quand l'infraction perturbe les fondements de l'économie nationale (art. 102B). La marchandise, et les moyens de transport exclusivement utilisés pour l'infraction, sont confisqués au profit de l'État — au titre de l'article 109, et non de l'article 105, qui concerne le bris de scellés douaniers.
Le Pasar Kodok de Tabanan est-il encore ouvert ?
Il a été fermé après une descente de police le 16 mars 2023, mais il fonctionnait de nouveau en décembre 2025 : la police criminelle nationale l'a identifié comme point de distribution clé du réseau démantelé à Tabanan, où 846 balles de vêtements coréens ont été saisies. Aucune source publique consultée ne donne son état exact ni le nombre de commerçants actifs en 2026.
Peut-on vendre des vêtements d'occasion en ligne en Indonésie ?
La directive du ministre des PME du 6 novembre 2025 demande aux plateformes de fermer les boutiques vendant des vêtements d'occasion importés — c'est ainsi que l'agence de presse d'État la présente et c'est ce que les plateformes ont commencé à retirer. La phrase citée du ministre est toutefois plus large (« vendre des vêtements d'occasion n'est plus autorisé ») et aucune source consultée ne précise si la revente par un particulier de ses propres affaires est visée : sur ce point précis, l'ambiguïté est dans la source, pas dans notre lecture. Le règlement 19/2026, en vigueur depuis le 8 juin 2026, impose au professionnel de respecter les règles sur les biens dont le commerce est interdit ou restreint, et oblige les plateformes à couper l'accès aux publicités électroniques illicites, avec fermeture du compte après trois coupures. Ce texte s'applique à qui exerce une « activité d'entreprise » en ligne, sans qu'aucun seuil chiffré ne soit fixé.
Quelle différence entre thrift et preloved, et pourquoi ça change tout ?
Le thrift désigne des vêtements usagés importés en gros, généralement en balles, pour être revendus : c'est le circuit visé par l'interdiction. Le preloved désigne des affaires personnelles revendues par leur propriétaire. La distinction est aussi tarifaire : la position douanière 6309 exige deux conditions cumulatives — une usure appréciable et une présentation en vrac ou en balles. Une pièce vendue à l'unité par son propriétaire ne remplit pas la seconde condition et sort donc du champ de la position visée par l'interdiction.
Sources
Sources officielles
- Peraturan Menteri Perdagangan n° 47 de 2025, « Barang yang Dilarang untuk Diimpor » — base juridique du ministère indonésien du Commerce (JDIH). Texte intégral et annexes consultés le 08/09/2026.
- Peraturan Menteri Perdagangan n° 16 de 2025, « Kebijakan dan Pengaturan Impor » — régime des biens personnels du passager et des biens de déménagement (art. 42). Officiel.
- Peraturan Menteri Perdagangan n° 19 de 2026, commerce par système électronique — obligations des vendeurs et des plateformes. Officiel.
- Undang-Undang n° 7 de 2014 sur le commerce — articles 47, 51, 111 et 112. Officiel.
- Undang-Undang n° 17 de 2006 modifiant la loi douanière n° 10 de 1995 — articles 102, 102B, 103 et 109, base de données réglementaire de la Cour des comptes indonésienne ; statut « Berlaku » au 8 septembre 2026. Officiel.
- Bea Cukai — biens personnels du passager — franchise de 500 USD FOB par personne. Direction générale des douanes et accises, officiel.
- Tarif douanier — notes légales du chapitre 63 — note 3 sur les conditions cumulatives de la position 6309. Source officielle britannique reprenant les notes internationales du Système harmonisé.
Presse et agences
- Indonesia defends used clothing import ban on health, MSME grounds — Antara, 04/02/2026. Agence de presse d'État : citation du règlement 47/2025 et historique des saisies.
- Impor ilegal thrifting rugikan industri, harga murah hampir 20 kali — Antara, 04/02/2026. Écart de prix de 10,4 à 19,9 fois.
- Bareskrim Polri ungkap impor pakaian bekas senilai Rp669 miliar — Antara, 15/12/2025. Affaire de Tabanan.
- Polisi Tangkap 2 Importir Pakaian Bekas Ratusan Miliar, Disuplai ke Pasar Kodok — detikBali, 15/12/2025. Circuit de distribution et chefs d'accusation.
- Pemprov Bali Sulit Kendalikan Pakaian Impor Bekas di Pasar Kodok — detikBali, 15/12/2025. Position du service provincial de Bali.
- Imbas Larangan Impor Baju Bekas, Pasar Kodok Tutup Lapak Sudah 3 Hari — detikBali, 18/03/2023. Fermeture du marché et prix des revendeurs.
- Indonesia orders online marketplaces to shut down thrift stores — Antara, 06/11/2025. Directive du ministre des PME et volumes d'importation.
- Pemerintah isyaratkan tolak wacana adanya pajak produk thrifting — Antara, 04/12/2025. Refus de taxer, statut illégal de l'importation.
- Purbaya to destroy illegal bales of secondhand clothing — Antara, 23/06/2026. Saisie de 43 conteneurs.
- Biaya Pemusnahan Mahal, Pakaian Impor Bekas Sitaan Mau Didaur Ulang — detikFinance, 16/11/2025. Volumes saisis et coût de destruction.
- Pasar Thrifting Senen Masih Bertahan, Tak Seramai Dulu — detikTravel, 26/12/2025. Prix pratiqués et état du marché.
- Perbedaan antara thrift dan preloved — Antara, 04/12/2025. Distinction lexicale.
- Bali Yuk Bisa Yuk Setop Bisnis Baju Impor Bekas — detikBali, 21/03/2023. Propos d'I Wayan Jarta (frein de 30 à 40 % à la diffusion des produits locaux) et arrestation du 20 mars 2023 : 117 balles, 1,17 milliard IDR.
- Ministry to rebrand thrift markets, promote sale of local products — Antara, 07/11/2025. Reconversion des marchés de Senen et Gedebage, plus de 150 marques locales partenaires.
- Bea Cukai buru aktor utama penyelundupan 2.065 balpres — Antara, 01/07/2026. Saisie de Pontianak, enquête en cours, aucun suspect désigné à cette date.
Cet article décrit l'état du droit indonésien tel que consultable le 8 septembre 2026 dans les bases officielles. Il ne constitue pas un conseil juridique : pour une situation individuelle, notamment commerciale, consultez un conseil habilité en Indonésie.



