Pour être en règle avec un véhicule à Bali, trois documents commandent tout : le STNK (la carte grise, à renouveler chaque année en même temps que la taxe), le BPKB (le fameux livret bleu, seule vraie preuve de propriété — sans lui, on n'achète pas) et un permis valide couvrant explicitement les deux-roues. Bonne nouvelle depuis janvier 2025 : la réforme nationale a supprimé le BBNKB II, si bien que mettre un véhicule d'occasion à son nom (le balik nama) ne coûte plus qu'environ 445 000 à 535 000 IDR de frais pour une moto, hors taxe de l'année. La taxe annuelle (PKB + SWDKLLJ) se règle ensuite en quelques minutes depuis l'application SIGNAL ; la laisser filer plus de deux ans peut faire radier le véhicule. Voici le mode d'emploi complet des papiers et des taxes.
Pourquoi ce guide est le complément indispensable de l'achat
Choisir le bon scooter, repérer une arnaque, négocier le prix : tout cela est détaillé dans notre article Acheter un scooter d'occasion à Bali : tous les pièges à éviter. Ici, on se concentre sur ce qui vient juste après la poignée de main : la paperasse. Car un véhicule bien choisi mais mal transféré, avec une taxe impayée ou un permis inadapté, peut se transformer en gouffre financier ou en véhicule saisi lors d'un contrôle. Que vous achetiez un Vario, un NMAX ou une petite voiture familiale, les documents et les échéances décrits ci-dessous sont exactement les mêmes.
STNK et BPKB : les deux documents qui font foi
Un véhicule à Bali repose sur deux papiers officiels. Les confondre, ou en négliger un, est l'erreur la plus coûteuse que fait un nouvel arrivant.
Le STNK (Surat Tanda Nomor Kendaraan) est l'équivalent de la carte grise. Il identifie le véhicule et son propriétaire enregistré, et surtout il atteste que la taxe annuelle est payée. C'est un document qui vit : il se renouvelle chaque année et fait l'objet d'une réédition complète tous les cinq ans. Conséquence directe pour un acheteur : si la taxe est en retard, c'est le propriétaire actuel — donc vous, une fois le véhicule entre vos mains — qui règle l'amende, pas l'ancien détenteur. La date de validité imprimée sur le STNK est donc la première chose à vérifier avant tout achat.
Le BPKB (Buku Pemilik Kendaraan Bermotor), le livret bleu, est le titre de propriété ultime. La personne dont le nom figure sur le BPKB est le propriétaire légal du véhicule, point final. La règle d'or, martelée par toute la communauté expat, tient en une phrase : pas de BPKB, pas d'achat. Un vendeur qui « a oublié le livret chez lui » ou qui promet de vous l'envoyer plus tard vend un problème, pas un scooter.
Dernier réflexe, valable sur tout véhicule d'occasion : le numéro de plaque, le numéro de moteur et le numéro de châssis doivent correspondre exactement entre le STNK, le BPKB et les gravures physiques sur le véhicule. La moindre discordance signale un document falsifié ou un véhicule au passé douteux.

Le balik nama : mettre le véhicule à votre nom
Le balik nama est le transfert officiel de propriété : il fait passer le STNK et le BPKB au nom du nouveau propriétaire. Beaucoup d'étrangers l'esquivent et gardent le véhicule au nom du vendeur local. C'est courant, mais c'est un mauvais calcul pour deux raisons : la valeur de revente chute de 20 à 30 % quand les papiers ne sont pas à votre nom, et surtout toute amende ou taxe impayée remonte à la personne inscrite sur le BPKB. Faire le transfert, c'est s'acheter la tranquillité.
Un étranger peut tout à fait immatriculer un véhicule à son nom dès lors qu'il détient un passeport et un titre de séjour valide (KITAS ou KITAP), auxquels s'ajoutent souvent un justificatif de domicile (surat domisili) et parfois un numéro fiscal (NPWP). En visa touristique, le transfert se fait généralement via un local de confiance ou un sponsor.
C'est ici qu'intervient la grande nouveauté 2026. Le BBNKB II — les frais de mutation qui s'appliquaient jusqu'ici sur les véhicules d'occasion — a été supprimé au niveau national, effectif depuis le 5 janvier 2025 en application de la loi UU n° 1/2022 (HKPD). Concrètement, ce droit ne s'applique désormais qu'au premier transfert (véhicule neuf) : sur une occasion, il tombe à zéro, soit une économie d'environ 1 % du prix du véhicule par rapport à l'ancien régime. Attention toutefois : « BBNKB II supprimé » ne veut pas dire « balik nama gratuit ». Il reste une série de frais administratifs fixes (les PNBP) à régler.
Voici le détail des frais restants pour une moto, à titre indicatif et hors taxe de l'année :
| Poste | Montant (IDR) |
|---|---|
| PNBP — émission du nouveau STNK | 100 000 |
| PNBP — plaque d'immatriculation (TNKB) | 60 000 |
| PNBP — émission du nouveau BPKB | 225 000 |
| Contrôle physique (cek fisik, empreinte châssis/moteur) | 25 000 – 50 000 |
| SWDKLLJ (contribution au fonds accidents) | 35 000 |
| Mutasi keluar (si le véhicule vient d'un autre district) | 150 000 |
| Total des frais (hors PKB de l'année) | ~445 000 – 535 000 |
Comptez en plus la PKB de l'année en cours (la taxe, voir plus bas) et prévoyez un délai : le transfert prend généralement une à deux semaines, davantage si le BPKB doit être « rapatrié » d'une autre province (mutasi), avec un délai de l'ordre de dix jours ouvrés. Beaucoup d'expats confient la course à un agent (calo ou biro jasa) qui fait la queue au Samsat à leur place, moyennant une commission.
La taxe annuelle (pajak tahunan) via le Samsat
Posséder le véhicule ne suffit pas : il faut l'entretenir administrativement chaque année. La taxe annuelle se compose de deux éléments distincts.
Le premier est la PKB (Pajak Kendaraan Bermotor), la taxe véhicule proprement dite, qui représente environ 2 % de la valeur vénale officielle (la NJKB) du véhicule. Elle est donc dégressive : plus le modèle est ancien, moins vous payez. Le second est la SWDKLLJ, une contribution obligatoire au fonds public d'indemnisation des accidents de la route (Jasa Raharja) : elle est forfaitaire, de l'ordre de 35 000 IDR par an pour une moto et 143 000 IDR pour une voiture (montants indicatifs). Le total figure sur votre STNK.
Bonne nouvelle côté pratique : payer cette taxe n'a plus rien d'une corvée. Plusieurs canaux existent :
- SIGNAL, l'application officielle du Samsat numérique national : validation du STNK et paiement de la taxe annuelle depuis votre téléphone, en quelques minutes.
- e-Samsat régional, via les portails ou guichets bancaires partenaires.
- Le Samsat Keliling, un bus-guichet mobile qui tourne dans les quartiers.
- Le Samsat Corner, comptoir présent dans certains centres commerciaux.
Un point crucial à connaître : ces canaux ne gèrent que la taxe annuelle, jamais le renouvellement quinquennal (qui exige la présence physique du véhicule — voir la section suivante).
Si vous laissez traîner, la pénalité (denda) grimpe selon une formule précise : PKB × 25 % × (nombre de mois de retard / 12), à laquelle s'ajoute une pénalité SWDKLLJ (environ 32 000 IDR pour une moto). Pour donner un ordre de grandeur : sur une PKB de 400 000 IDR, un mois de retard représente environ 8 300 IDR de pénalité PKB plus 32 000 IDR de SWDKLLJ. La pénalité est en général plafonnée à 24 mois. Mais le vrai danger est plus loin : un véhicule dont la taxe reste impayée depuis plus de deux ans peut être radié des registres. Il devient alors bodong — hors-la-loi de façon permanente, invendable et impossible à ré-immatriculer. C'est la sanction à éviter à tout prix.

L'échéance des 5 ans : plaque et contrôle physique
En plus du rendez-vous annuel, chaque véhicule passe une étape plus lourde tous les cinq ans. C'est le pajak 5 tahunan, qui comprend le changement de plaque (ganti plat), la réédition complète du STNK et un contrôle physique obligatoire (cek fisik) : un agent relève les empreintes du numéro de châssis et de moteur sur le véhicule lui-même. Impossible de le faire à distance : il faut amener le véhicule au bureau Samsat. C'est précisément pour cela que les applications comme SIGNAL ne couvrent pas cette échéance.
Côté budget, comptez environ 185 000 IDR de frais administratifs pour cette opération (émission du STNK 100 000 + plaque 60 000 + endossement 25 000), en plus de la taxe annuelle due cette année-là. Rien d'insurmontable, mais une date à noter dans son agenda pour ne pas se retrouver avec une plaque périmée.
Pour y voir clair, voici le calendrier des trois rendez-vous à retenir :
| Échéance | Ce qu'il faut faire | Où | En ligne possible ? |
|---|---|---|---|
| À l'achat d'occasion | Balik nama (transfert au nom de l'acheteur) | Bureau Samsat | Non |
| Chaque année | Taxe annuelle (PKB + SWDKLLJ) + validation du STNK | SIGNAL, e-Samsat, Samsat Keliling / Corner | Oui (SIGNAL) |
| Tous les 5 ans | Nouvelle plaque + réédition du STNK + contrôle physique | Bureau Samsat (véhicule présent) | Non |
Le permis : IDP touriste contre SIM local
Avoir des papiers en règle pour le véhicule ne sert à rien si vous n'avez pas le droit de le conduire. Et sur ce point, deux situations très différentes coexistent.
Si vous êtes touriste, votre permis national ne suffit pas à lui seul. Il faut l'accompagner d'un permis de conduire international (IDP, International Driving Permit) dont la catégorie couvre explicitement les deux-roues. C'est le piège le plus fréquent : un IDP limité à la voiture ne vous autorise pas à conduire un scooter, même un petit 110-125 cm³. Avant de partir, vérifiez donc que la mention deux-roues figure bien sur le document — c'est la catégorie qui compte, pas le confort de croire que « le permis auto suffira ».
Si vous êtes résident (KITAS ou KITAP), vous pouvez, et à terme devez, passer le permis local indonésien, le SIM. Attention à un piège de vocabulaire : sur le SIM indonésien, la moto correspond au SIM C et la voiture au SIM A — soit une logique de lettres différente de celle de l'IDP. Là encore, retenez la catégorie (deux-roues) plutôt que la lettre, pour ne pas vous emmêler.
Les conséquences d'un permis inadapté sont concrètes. Un document manquant lors d'un contrôle de la police de la route (Polantas) coûte généralement 300 000 à 500 000 IDR par document, et une photo du permis sur votre téléphone n'est quasiment jamais acceptée : portez le livret physique. Plus grave encore : conduire sans permis valide pour la bonne catégorie peut annuler la couverture de votre assurance voyage en cas d'accident. La plupart des assureurs refusent de payer si le conducteur commettait un acte illégal au moment des faits — et une hospitalisation après un accident de scooter sérieux peut dépasser 20 000 USD entièrement à votre charge. Le permis adapté n'est pas une formalité, c'est une assurance à part entière.
Un mot sur l'assurance, justement : aucune assurance privée n'est légalement obligatoire en Indonésie. La SWDKLLJ que vous payez avec la taxe annuelle est une contribution à un fonds public d'accidents, pas une couverture dommages. Pour un usage longue durée, une assurance privée — au minimum en formule Total Loss Only (vol / perte totale), idéalement tous risques — reste vivement recommandée, même si elle demeure facultative.

Récapitulatif : votre budget papiers
En résumé, un véhicule d'occasion correctement mis en règle à Bali implique trois types de dépenses : les frais de transfert une fois (environ 445 000 à 535 000 IDR pour une moto depuis la suppression du BBNKB II), la taxe annuelle (PKB ≈ 2 % de la valeur du véhicule + SWDKLLJ forfaitaire), et les frais quinquennaux (environ 185 000 IDR tous les cinq ans, en plus de la taxe). À cela s'ajoute le coût du permis adapté. Des montants modestes au regard du prix du véhicule, mais dont l'oubli — surtout la taxe impayée sur plus de deux ans — coûte infiniment plus cher.
Pour trouver un véhicule dont les papiers sont clairs et le vendeur identifiable, parcourez les annonces de la catégorie Véhicules et, plus précisément, Scooters et motos sur Lokalfinds. Acheter à un autre expat qui revend avant son départ, avec BPKB original en main, reste le moyen le plus sûr d'éviter les mauvaises surprises administratives.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le STNK et le BPKB ?
Le STNK (Surat Tanda Nomor Kendaraan) est la carte grise annuelle : il identifie le véhicule et prouve que la taxe est payée. Il se renouvelle chaque année et se réédite tous les cinq ans. Le BPKB (Buku Pemilik Kendaraan Bermotor), le livret bleu, est le titre de propriété définitif : celui dont le nom y figure est le propriétaire légal. Les deux doivent correspondre au véhicule (numéros de châssis et de moteur) et entre eux. Sans BPKB original, n'achetez jamais.
Combien coûte le balik nama d'une moto à Bali en 2026 ?
Depuis la suppression du BBNKB II le 5 janvier 2025, le transfert d'une moto d'occasion ne comporte plus que des frais administratifs fixes : environ 445 000 à 535 000 IDR au total (STNK 100 000, plaque 60 000, BPKB 225 000, contrôle physique 25 000-50 000, SWDKLLJ 35 000, plus 150 000 de mutasi si le véhicule vient d'un autre district), auxquels s'ajoute la taxe PKB de l'année. Ces chiffres sont indicatifs et varient légèrement selon la région.
Un étranger peut-il immatriculer un véhicule à son nom ?
Oui. Un étranger titulaire d'un passeport et d'un KITAS ou KITAP peut faire le balik nama à son nom, souvent en fournissant aussi un justificatif de domicile et parfois un NPWP. En visa touristique, la plupart passent par un local de confiance ou un sponsor pour le BPKB. Dans tous les cas, faire le transfert protège votre valeur de revente (20 à 30 % de mieux) et évite que les amendes remontent à l'ancien propriétaire.
Comment payer la taxe annuelle de mon scooter ?
La taxe annuelle (PKB + SWDKLLJ) se règle très simplement via l'application officielle SIGNAL (Samsat numérique national), l'e-Samsat régional, un bus Samsat Keliling ou un comptoir Samsat Corner en centre commercial. Ces canaux ne gèrent toutefois que la taxe annuelle : le renouvellement tous les cinq ans, lui, exige de présenter physiquement le véhicule au bureau Samsat.
Que se passe-t-il si je ne paie pas la taxe à temps ?
Une pénalité (denda) s'applique selon la formule PKB × 25 % × (mois de retard / 12), plus une pénalité SWDKLLJ d'environ 32 000 IDR pour une moto ; elle est généralement plafonnée à 24 mois de retard. Surtout, un véhicule dont la taxe reste impayée plus de deux ans risque la radiation : il devient bodong, invendable et impossible à ré-immatriculer. Mieux vaut ne jamais laisser filer.
Quel permis faut-il pour conduire un scooter à Bali ?
En tant que touriste, il faut un permis de conduire international (IDP) dont la catégorie couvre explicitement les deux-roues, accompagné de votre permis national : un IDP limité à la voiture ne couvre pas un scooter. En tant que résident (KITAS/KITAP), vous passez le permis local indonésien, le SIM — la moto y correspond au SIM C et la voiture au SIM A. Un document manquant coûte 300 000 à 500 000 IDR par pièce lors d'un contrôle.
Conduire sans le bon permis annule-t-il mon assurance ?
Oui, c'est un risque très réel. La plupart des assurances voyage et santé refusent de couvrir un sinistre survenu alors que le conducteur commettait un acte illégal — par exemple conduire un scooter avec un IDP « voiture » uniquement. En cas d'accident grave, les frais médicaux, qui peuvent dépasser 20 000 USD, resteraient entièrement à votre charge. Le bon permis n'est donc pas qu'une question d'amende : c'est ce qui garde votre assurance valide.



